Auteurs

Borja Prats Carla (Pharmacie, Hôpital Cochin, Paris) | Alarab Rouba (Pharmacie, Hôpital Cochin, Paris) | Thomas Audrey (Pharmacie, Hôpital Cochin, Paris) | Conort Ornella (Pharmacie, Hôpital Cochin, Paris) | Batista Rui (Pharmacie, Hôpital Cochin, Paris) | Depercin Sixtine (Oncologie, Hôpital Cochin, Paris) | Zahra Castel (Oncologie, Hôpital Cochin, Paris) | Goldwasser François (Oncologie, Hôpital Cochin, Paris) | Bardin Christophe* (Pharmacie, Hôpital Cochin, Paris)

Présenté par: Bardin Christophe




Introduction

La conciliation médicamenteuse (CM) est considérée comme une stratégie majeure pour réduire l’iatrogénie médicamenteuse dans le contexte du parcours patient. Les spécificités des patients atteints de cancer sont en faveur du développement d’une activité de CM dans cette population. L’incidence du cancer et celle de nombreuses autres maladies non-oncologiques augmente avec l’âge. De plus en plus de patients fragilisés, avec des comorbidités et polymédiqués sont ainsi hospitalisés. La prise en charge thérapeutique intègre des anticancéreux, des soins de support mais aussi un nombre important de médicaments de pathologies chroniques. La plupart des études ont été réalisées chez des patients ambulatoires. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’intérêt et l’efficience de la CM en hospitalisation et d’identifier les moyens de l’optimiser.

Matériels et méthodes

L’étude a été menée sur une période de 24 mois dans un service d’oncologie de 27 lits d’un CHU, et bénéficiant d’une antenne de pharmacie clinique. L’analyse de prescription et les CM (méthodologie HAS) y sont réalisées quotidiennement par un binôme pharmacien senior/externe. Les patients avec au moins une comorbidité et un score ECOG < 4 étaient éligibles à une CM.

Résultats

2106 patients ont été hospitalisés durant la période d’évaluation et 712 étaient éligibles à une CM (32%). 229 CM d’entrée ont été effectuées (30% des patients éligibles). Les motifs de non-conciliation étaient : manque de temps (51%), patient non apte à un entretien (21%, troubles cognitifs, contexte psychologique, isolement infectieux…), CM effectuée antérieurement (12%), sortie du patient (16%). Le nombre moyen de sources d’information était de 3 (entretien patient, dossier médical, ordonnances du patient, carte vitale avec DP). La durée moyenne de CM était de 42 min. 76 divergences non intentionnelles (DNI) ont été identifiées chez 55 patients (24% des patients éligibles) et ont conduit à une intervention pharmaceutique (taux d’acceptation de 72%) : omission (45), erreur de posologie (22), erreur médicament (6), autres (3). Les classes pharmacologiques concernées étaient : cardiovasculaire (38%), métabolisme (notamment diabète) et digestif (21%), SNC (12%), autres (29%). 36% des patients conciliés prenaient des compléments alimentaires.

Discussion/ Conclusion

Les résultats soulignent l’intérêt de la CM pour réduire l’iatrogénie médicamenteuse notamment pour des classes pharmacologiques sensibles (cardio-vasculaire, anti-diabétiques…). L’activité reste néanmoins chronophage avec une proportion importante de patients n’ayant pas bénéficié de CM. Il est nécessaire d’affiner encore les critères des patients « candidats » (profil comorbidités), mieux coordonner les actions des différents professionnels et digitaliser l’ensemble du processus. La CM doit s’intégrer à un véritable continuum de pharmacie clinique et de prise en charge multidisciplinaire lors de l’entretien patient (conseils sur l’automédication et notamment les compléments alimentaires, plan de prise, compréhension du traitement, identification non-observance). La CM de sortie qui doit être développée s’inscrit également dans l’optimisation du lien ville-hôpital.



E-Poster