Auteurs

Bourquard Marie-anne* (Service Pharmacie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France) | Jourdan Nathalie (Service Pharmacie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France) | Harel Stéphanie (Service Immuno-hématologie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France) | Madelaine Isabelle (Service Pharmacie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France) | Peyrilles Elodie (Service Pharmacie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France)

Présenté par: Bourquard Marie-anne




Contexte

Le Daratumumab est indiqué dans le traitement du myélome multiple (MM) en monothérapie et en association. Il a récemment été inscrit sur la liste en sus en association au Dexaméthasone et Lénalidomide (Dara-Rd) ou Bortézomib (Dara-Vd) après première ligne de traitement. Suite au nouveau financement, l’objectif est d’analyser les prescriptions de Daratumumab dans un hôpital spécialisé dans la prise en charge de cette hémopathie afin d’en anticiper l’impact.

Matériel et Méthodes

Tous les patients ayant reçu au moins un cycle mensuel de Daratumumab entre janvier et juin 2019 ont été inclus. Les données ont été extraites à partir du logiciel de prescription Chimio® et du dossier patient informatisé.

Résultats

La cohorte comporte 81 patients : 63% d’hommes, âge moyen 65 ans [35-87].

Les patients étaient traités majoritairement pour MM (93%). Les autres indications (hors AMM) étaient : amylose primitive, leucémie à plasmocytes et plasmocytome multiple.

En moyenne, le Daratumumab était utilisé en 4ème ligne [2-7]. Une autogreffe avait été préalablement réalisée chez 60% des patients (simple pour 80%). Deux patients avaient été allogreffés. Une précédente ligne par Carfilzomib était retrouvée chez 10% des patients.

Le Daratumumab était utilisé en association au Pomalidomide Dexaméthasone (Dara-Pd) pour 41% des patients, 22% en monothérapie (Dara-Dex), 19% de Dara-Rd et 10% de Dara-Vd. Les autres associations minoritaires étaient : Daratumumab-Carfilzomib; Daratumumab-Melphalan; Daratumumab-Cyclophosphamide et Daratumumab-Bortézomib-Lénalidomide.

Lors de la RCP, 43% des indications étaient dans l’AMM. Elles auraient été à 27% remboursées en sus des GHS (22 patients, 410 préparations) et 16% non pris en charge en sus (13 patients, 380 préparations).

Sur les 18 patients traités par monothérapie Dara-Dex, 9 (50%) ont été switchés pour réponse incomplète vers une bithérapie (Bortézomib, Lénalidomide, Pomalidomide ou Cyclophosphamide).

Pour 5 patients en association (8%), un arrêt définitif de l’immunomodulateur a été décidé, principalement pour toxicité hématologique. Un switch a été décidé pour 6 patients (9%). Le large choix d’associations possible a engendré une modification de la stratégie thérapeutique : 24% des protocoles décidés en RCP ont été réévalués et modifiés dès C2.

Actuellement, 81% des patients sont encore traités par Daratumumab. La durée moyenne de traitement était de 8 mois. La dose moyenne reçue par cure était de 1111mg [700-1800] et le nombre moyen de cycles mensuels de 10 [1-40].

Discussion/Conclusion

Cette étude montre l’hétérogénéité des prescriptions de Daratumumab, et la modification de la stratégie en cours de traitement complexifie le suivi du remboursement. Une majorité s’effectue dans le cadre de l’AMM, mais avec une forte représentation de l’association hors AMM Dara-Pd (41%). La non-inscription sur la liste en sus de la monothérapie va représenter un coût non négligeable (environ 15%). Une évaluation de la réponse clinique en vie réelle en fonction des associations reste à évaluer.



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