Auteurs

Fischer Sarah (Pharmacie, Centre hospitalier régional universitaire de Besançon, Besançon) | Jeannin Marie (Pharmacie, Centre hospitalier régional universitaire de Besançon, Besançon) | Detroit Marion (Pharmacie, Centre hospitalier régional universitaire de Besançon, Besançon) | Marie Kroemer (Pharmacie, Centre hospitalier régional universitaire de Besançon, Besançon) | Clairet Anne-laure (Pharmacie, Centre hospitalier régional universitaire de Besançon, Besançon)

Présenté par: Kroemer Marie




Introduction : L’avènement de la médecine personnalisée et la mise sur le marché croissante de chimiothérapies orales ont permis le développement de la prise en charge ambulatoire des patients atteints de cancers. La résultante est une modification progressive du parcours de soins en cancérologie en favorisant l’autonomisation des patients à l’origine de nouveaux risques liés aux médicaments. L’objectif principal de notre étude était d’analyser ces nouveaux risques et les erreurs médicamenteuses résultantes au moment de la primo-prescription d’une chimiothérapie orale, chez des patients atteints d’hémopathies malignes et de tumeurs solides. L’objectif secondaire était d’étudier l’existence ou non d’une différence statistique entre les deux groupes de patients.

Matériels et méthodes : Etude prospective et monocentrique. Etaient inclus tous les patients atteints d’une tumeur solide ou d’une hémopathie maligne au décours de la primo-prescription d’une chimiothérapie orale entre le 1er avril 2017 et le 30 novembre 2018. Les erreurs et problématiques liées aux médicaments étaient recherchées lors d’un entretien pharmaceutique systématique. Les interactions médecines complémentaire-médicament et médicament-médicament (interactions avec les traitements habituels, automédication, associations déconseillées et contre-indications), les erreurs liées au schéma thérapeutique (dosage de la forme orale, posologie et durée du traitement prescrit) et les précautions d’emplois explicitées aux patients étaient analysés. La détection d’un problème donnait lieu à une optimisation thérapeutique. Le test du Chi-deux a été utilisé pour comparer les proportions et le test de Student pour les comparaisons de moyennes.

Résultats : Au total, 469 patients ont été inclus : 309 étaient atteint d’une tumeur solide et 159 d’une hémopathie maligne. Les entretiens pharmaceutiques ont permis de réaliser 168 optimisations thérapeutiques pour 133 patients. Ainsi, 47% des optimisations thérapeutiques faisaient suite à des interactions médicament-médicament, 37% à des interactions médecine complémentaire-médicaments, 4% relevaient d’erreurs liées au schéma thérapeutique et 12% concernait des précautions d’emplois explicitées aux patients. Sur la totalité des 141 interactions détectées (médecine complémentaire-médicament et médicament-médicament), 51 relevaient d’interaction avec le traitement habituel des patients, 68 étaient liées à leur automédication et 22 résultaient d’interactions avec une chimiothérapie IV concomitante. La principale différence significative mise en évidence entre les deux catégories de patients était un taux d’erreur liées au schéma thérapeutique supérieur dans le groupe hématologie, 13%, comparativement au groupe tumeurs solides, 2%, (p = 0,013).

Discussion-conclusion : Notre étude met en évidence que l’automédication des patients résultant de leur prise en charge ambulatoire implique de nouvelles problématiques médicamenteuses. Cela témoigne du rôle privilégié du pharmacien hospitalier à l’interface ville-hôpital dans l’accompagnement des patients atteints de cancer.



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