Auteurs

Lepage Violaine* (Pharmacie, hôpital Robert-Debré, CHU de Reims, France) | Claustre Gwladys (Pharmacie, hôpital Robert-Debré, CHU de Reims, France) | Maréchal Antonin (Pharmacie, hôpital Robert-Debré, CHU de Reims, France) | Slimano Florian (Pharmacie, hôpital Robert-Debré, CHU de Reims, France) | Bouché Olivier (Unité de Médecine Ambulatoire Cancérologique, hôpital Robert-Debré, CHU de Reims, France)

Présenté par: Lepage Violaine




Introduction : La DihydropyrimidineDéhydrogénase (DPD) est l’enzyme participant majoritairement à l’élimination du 5-Fluorouracile (5-FU) par l’organisme. Les patients déficitaires en DPD sont exposés à un surdosage en 5-FU, soit un risque accru de toxicités potentiellement graves. En pratique depuis décembre 2018, les autorités de santé (INCa, HAS et ANSM) recommandent le dépistage d’un déficit avant toute initiation d’un traitement par 5-FU et capécitabine. L’objectif de cette étude était d’évaluer la survenue de toxicités en fonction des réductions posologiques de 5-FU chez les patients avec un déficit en DPD.

Matériels et méthodes : Étude rétrospective monocentrique ayant inclus les données des patients traités par  5-FU lors d’une première cure de chimiothérapie entre le 19 juillet 2018 (création du statut « déficit en DPD » dans le logiciel de prescription CHIMIO®) et le 19 juillet 2019. Un premier groupe comprenant les patients avec une réduction posologique liée à un déficit en DPD a été constitué puis un second groupe aléatoire de patients non déficitaires et sans modification posologique lors du cycle n°1. Les données démographiques, oncologiques et biologiques pour les 3 premiers cycles ont été extraites à partir des dossiers patients informatisés (EASILY®). Les incidences des toxicités ont été comparées par un test de Khi-2 entre les 2 groupes.

Résultats : L’étude a inclus 23 patients déficitaires en DPD avec un sex-ratio H/F de 3,3 et un âge moyen de 63±14 ans et 23 patients sans déficit avec un sex-ratio H/F de 2,3 et un âge moyen de 67±8 ans. L’état général OMS était de grade [0-1] pour 89% des patients (n=41) à l’inclusion. Les patients déficitaires ont bénéficié dès le cycle n°1 d’une diminution de dose de 25 à 50% en fonction du déficit. Aucun patient n’avait de déficit complet. Des toxicités principalement digestives et hématologiques de grade 1 à 2 sont survenues après le cycle n°2 pour 16 des patients déficitaires (69%) dont 11 (48%) avaient bénéficié d’une augmentation posologique. Le test de Khi-2 ne révèle pas de différence significative sur l’incidence des toxicités toutes natures confondues  (p=0,19) entre les 2 groupes, ni pour des toxicités hématologiques (p=0.29) ou pour des toxicités digestives (p=0.11).

Discussion / Conclusion : Les diminutions de posologie réalisées chez les patients déficitaires en DPD permettent d’avoir une incidence des toxicités équivalente aux patients non déficitaires. Il semblerait que les patients déficitaires ayant eu un réajustement posologique à partir du cycle n°2 ont exprimés plus de toxicités contrairement aux patients dont les réductions posologiques ont été maintenues. Une étude comparant la dose intensité du 5-FU et l’incidence des toxicités chez les patients déficitaires en DPD permettrait un meilleur suivi des adaptations posologiques à appliquer chez cette population de patient.



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