Auteurs

Maaziz Nada (Pharmacie, APHP Henri Mondor, Créteil, France) | Renault-mahieux Morgane* (Pharmacie, APHP Henri Mondor, Créteil, France) | Carvalho Muriel (Pharmacie, APHP Henri Mondor, Créteil, France) | Paul Muriel (Pharmacie, APHP Henri Mondor, Créteil, France) | Vieillard Victoire (Pharmacie, APHP Henri Mondor, Créteil, France)

Présenté par: Renault-mahieux Morgane




Introduction

La doxorubicine pour chimioembolisation était auparavant préparée à partir d’une solution prête à l’emploi (2 mg/mL) conditionnée en seringue de polypropylène (25 mL) avec une stabilité de 30 jours. Afin d’améliorer la qualité des images radiologiques lors la chimioembolisation, il a été décidé de proposer une solution plus concentrée de doxorubicine à 6,67 mg/mL (9 mL). Comme aucune donnée de stabilité n’était disponible, le circuit s’en trouvait modifié. L’objectif de notre travail a été d’étudier la stabilité de cette nouvelle préparation afin de pouvoir  anticiper et réattribuer les seringues en cas d’annulation ou de report dans la journée comme précédemment effectué.

Matériel et méthodes

La stabilité de la doxorubicine reconstituée en conditions stériles à 6,67 mg/mL dans du sérum physiologique a été étudiée pendant 30 jours sur 3 flacons et 3 seringues en polycarbonate (Médaillon®). Les préparations ont été conservées à l’abri de la lumière à une température comprise entre 2 et 8°C.

La stabilité de la teneur en doxorubicine a été analysée à J0, J1, J7, J14 et J30 par chromatographie liquide haute performance en phase inverse sur une colonne C18, 200 × 4,6 mm, 5 µm. La phase mobile était constituée de méthanol/eau acidifiée (60:40 v/v). Le débit était de 1 mL/min à une température de 35°C et le volume d’injection était de 10 µL. La doxorubicine a été détectée à 481 nm.

L’étude a été complétée par 3 mesures de pH et d’osmolalité pour chaque flacon et seringue à J0, J14, J30. La stabilité physique a été contrôlée macroscopiquement par la recherche d’apparition d’agrégats au long cours.

Résultats

Cette méthode a été validée selon les recommandations ICH Q2(R1) sur une gamme de 40 à 93 µg/ml. (TR moyen = 100,1%, avec IC95% [98.1 ; 102,1]% ; CV répétabilité = 4,8% et CV reproductibilité = 5,1%). La méthode a été jugée indicatrice de stabilité.

La teneur en doxorubicine des seringues et des flacons est restée supérieure à 95% de la concentration initiale pendant 30 jours. Aucun produit de dégradation n’a été mis en évidence. Le pH et l’osmolalité n’ont pas été modifiés. A terme, aucune particule n’a été observée dans les seringues et les flacons.

Discussion

Ces résultats étaient attendus car le polycarbonate est un polymère inerte et la concentration de la doxorubicine est également un facteur de stabilisation. Ainsi, nous pouvons désormais préparer à l’avance des seringues de doxorubicine à la concentration de 6,67 mg/mL et afficher une stabilité de 30 jours entre 2 et 8°C permettant de répondre aux contraintes réglementaires sur la stabilité des préparations. D’un point de vue organisationnel, l’ancien circuit a pu être remis en place, permettant d’éviter la préparation en flux tendu et le gaspillage lié au retour de seringues.



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