Auteurs

Sanfourche Floriane (Pôle pharmacie stérilisation, CHU de Nice, Nice, France) | Mendjel Amina (Pôle pharmacie stérilisation, CHU de Nice, Nice, France) | Rocher Fanny (Centre régional de pharmacovigilance, CHU de Nice, Nice, France) | Gastaut Nadia (Pôle pharmacie stérilisation, CHU de Nice, Nice, France) | Duquesne Julien* (Pôle pharmacie stérilisation, CHU de Nice, Nice, France) | Ruitort Sandra (Pôle pharmacie stérilisation, CHU de Nice, Nice, France) | Collomp Rémy (Pôle pharmacie stérilisation, CHU de Nice, Nice, France)

Présenté par: Duquesne Julien




  • Introduction

En juin 2016, après 4 ans de commercialisation en France, un laboratoire, en accord avec l’ANSM, diminue la durée de péremption de son générique de l’ifosfamide de 18 à 7 mois. Cette décision a été prise en raison d'une notification d'encéphalopathies dans la population pédiatrique de fréquence supérieure sur des péremptions plus longues sans qu'il y ait de lien de cause à effet clairement démontré. Pendant cette période, sur l’ensemble des cas d’encéphalopathies notifiés en France, deux tiers étaient attribués au générique de l’ifosfamide, pour une part de marché de 57%, à partir de 2015, versus 43% pour le princeps. Dans l’attente d’investigations complémentaires, le générique de l’ifosfamide a été conservé au sein de notre établissement. Cependant, malgré le délai de péremption raccourci, la survenue de signes neurologiques reste fréquente chez une population à risque comme la pédiatrie.

Lobjectif est de faire un bilan sur notre établissement des survenues d’encéphalopathies en pédiatrie sous ifosfamide princeps et générique.

  • Matériels et méthodes

Une extraction a été réalisée sur la période du 01/06/2017 au 30/06/2019 à partir du logiciel de prescription CHIMIO® pour identifier les patients de pédiatrie ayant reçu de l’ifosfamide. Pour chaque patient, ont été relevés : la (ou les) spécialité(s) administrée(s), la survenue de signes neurologiques, l’administration de bleu de méthylène (antidote) en cas d’encéphalopathie et la résolution de ces signes par l’antidote.

  • Résultats

Sur la période étudiée, 26 enfants ont reçu de l’ifosfamide dont 24 (92%) le générique. Parmi ces patients, 8 (33%) ont présenté un événement d’encéphalopathie résolu pour 6 patients (75%) par administration de bleu de méthylène. Le princeps a été référencé pour les 2 cas non résolus par l’antidote, il évite l’apparition des signes neurologiques dans la moitié des cas. Le dernier cas a été résolu, en remplaçant l’ifosfamide par une molécule de la même famille des oxazaphosphorines : le cyclophosphamide. Au total sur les 8 patients ayant présenté au moins une encéphalopathie aucune séquelle neurologique n’a été notifiée.

Seulement 2 patients (8%) de la population étudiée ont reçu le princeps au cours de leurs cures de chimiothérapie, aucun n’a présenté d’effets indésirables.

  • Discussion/Conclusion

L’implication du générique dans la survenue d’encéphalopathie ne peut être établie significativement sur notre population (échantillon faible). Cependant, une étude nationale de pharmacovigilance de la population pédiatrique est en cours. Sans décision de la part des autorités compétentes, notre établissement a retenu désormais l’usage du princeps pour la pédiatrie. Le générique moins onéreux reste utilisé pour les adultes pour lesquels aucune encéphalopathie n’a été relevée de façon significative. De plus un protocole institutionnel pour la prévention secondaire des signes neurologiques sous ifosfamide par le bleu de méthylène a été mis en place.



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