Auteurs

Monribot Anthia* (Pharmacie, Hôpital Cochin, Paris, France) | Jouinot Anne (Oncologie, Hôpital Cochin, Paris, France) | Balakirouchenane David (UF de Pharmacocinétique et Pharmacochimie, Hôpital Cochin, Paris, France) | Bellesoeur Audrey (Oncologie, Hôpital Cochin, Paris, France) | Blanchet Benoit (Pharmacocinétique et Pharmacochimie, Hôpital Cochin, Paris, France) | Boudou-rouquette Pascaline (Oncologie, Hôpital Cochin, Paris, France) | Arrondeau Jennifer (Oncologie, Hôpital Cochin, Paris, France) | Batista Rui (Pharmacie, Hôpital Cochin, Paris, France) | Goldwasser François (Oncologie, Hôpital Cochin, Paris, France) | Thomas-schoemann Audrey (Pharmacie et Oncologie, Hôpital Cochin, Paris, France)

Présenté par: Monribot Anthia




Introduction

Peu d’interactions médicamenteuses ont été rapportées avec les immunothérapies. Néanmoins, la prise concomitante de corticoïdes ou encore d’antibiotiques, avec les anti-PD1/PD-L1, a récemment été associée à une réduction de la survie sans progression (PFS) et de la survie globale (OS). Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), connus pour altérer la composition du microbiote intestinal, pourraient moduler l’efficacité des immunothérapies. L’objectif de ce travail a donc été d’évaluer l’impact de la prise d’IPP et de corticoïdes chez des patients atteints d’un cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) traités par Nivolumab (anti-PD1).

Matériels et Méthodes

Il s’agit d’une étude de cohorte monocentrique, rétrospective, non interventionnelle. Les critères d’inclusion étaient : un CBNPC et l’initiation du Nivolumab entre Juillet 2015 et Juin 2017. Les données cliniques, biologiques et médicamenteuses ont été recueillies à partir des dossiers médicaux. Nous avons évalué l’effet de différents facteurs sur l’efficacité du Nivolumab : le nombre de métastases extra-thoracique (MET), l’expression du PD-L1 au niveau des cellules tumorales (TC) et immunitaires (IC), le performance status (PS) selon l’OMS, la prise d’IPP et de corticoïdes à l’initiation du Nivolumab. Une régression de Cox univariée a été conduite pour déterminer l’influence des précédents paramètres clinico-biologiques sur l’OS et la PFS. L’hazard ratio est exprimé avec son intervalle de confiance à 95% [IC95%].

Résultats

Soixante-huit patients ont été inclus (41 Hommes / 27 Femmes, âge médian : 65,5 ans [79-41]). Les patients présentaient une médiane de 1 MET [0-5]. Trente-trois patients (48,5%) présentaient un PS≥2. Le pourcentage médian de PDL1-TC était de 5% [0-100]. La prise de corticoïdes et d’IPP a été retrouvée chez 13 (19,1%) et 30 patients (44,1%) respectivement. La dose médiane de corticoïdes était de 20 mg/j [10-60 mg]. En analyse univariée, les facteurs associés à une diminution de l’OS et de la PFS étaient : PS ≥2 (OS : HR 2,44 [1,29-4,62], p=0,006; PFS : HR 2,2 [1,28-3,79], p=0,004), la prise de corticoïdes (OS : HR 2,62 [1,29-5,30], p=0,008; PFS : HR 2,52 [1,30-4,89], p=0,006). Le niveau d’expression du PDL1-TC était un facteur protecteur (OS : HR 0,98 [0,97-1,00], p=0,02 ; PFS : HR 0,99 [0,98-1,00], p=0,047). Enfin, la prise concomitante d’IPP n’a pas eu d’impact significatif ni sur l’OS (HR 1,15 [0,61-2,17], p=0.65) ni sur la PFS (HR 1,06 [0,61-1,83], p=0,84).

Discussion/Conclusion

Nos résultats confirment l’effet délétère de la prise initiale de corticoïdes sur l’efficacité du Nivolumab. Il semble fondamental de discuter de l’indication et de la posologie des corticoïdes lors de l’initiation d’une immunothérapie. Enfin, la prise d’IPP ne semble pas influencer la survie au sein de notre cohorte. Au vu des résultats discordants de la littérature, des investigations complémentaires doivent être menées, notamment sur l’influence du facteur « durée de la prise d’IPP ».



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