Auteurs

Sabatier Pierre* (Pharmacie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France) | Ram Wolff Caroline (Oncologie-Dermatologie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France) | Madelaine Isabelle (Pharmacie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France) | Korostelev Marie (Pharmacie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France)

Présenté par: Sabatier Pierre




Introduction

Le mogamulizumab est un anticorps monoclonal humanisé ciblant le récepteur des chimiokines CCR4 dans le lymphome T cutané. Il bénéficie d’une autorisation temporaire d’utilisation de cohorte depuis le 08/11/2018. Il est indiqué dans le traitement des patients adultes présentant un mycosis fongoïde (MF) ou un syndrome de Sézary (SS) qui ont reçu au moins un traitement systémique antérieur.

L’objectif de ce travail est d’évaluer l’efficacité clinique et la tolérance du mogamulizumab en pratique courante.

 

Matériel et méthodes

Cette étude observationnelle rétrospective monocentrique, réalisée du 16/11/2018 au 30/06/2019, évalue la tolérance et l’efficacité du mogamulizumab en vie réelle, chez les patients atteints d’un MF ou d’un SS. Les données d’efficacité et de tolérance ont été recueillies dans les dossiers patients (MiddleCare®). Le critère d’efficacité principal est la durée de survie globale sans progression (SSP). Les critères secondaires sont la SSP en fonction de l’indication (MF ou SS) et du nombre de lignes antérieures.

L’analyse statistique est réalisée à l’aide du logiciel R version 3.6.0, les analyses de survie selon la méthode de Kaplan-Meier et les SSP sont comparées à l’aide du test de logrank.

 

Résultats

Vingt-deux patients ont reçu du mogamulizumab dont 6 dans l’indication MF [Age moyen 59,3 ± 15,0 ans; médiane nombre d’administrations = 9 [3 ; 14]; médiane nombre de lignes antérieures = 4,5; Femme = 3 (50%)] et 16 dans l’indication SS [Age moyen 67,1 ± 10,3 ans; médiane nombre d’administrations = 6 [1 ; 18]; médiane nombre de lignes antérieures = 3,5; Femme = 7 (44%)].

Sept patients (32%) sont toujours en cours de traitement dont 2 en réponse clinique complète et 5 en réponse clinique partielle. Le traitement a été interrompu chez 15 patients pour progression [n=11 (50%)], effets indésirables (EI) graves [n=2 (9,0%)] et décès non liés au traitement [n=2 (9,0%)]. Les principales toxicités observées étaient de grade 1 : asthénie [n=7 (32%)], céphalées [n=3 (14%)], rash cutanée [n=2 (9%)]. Deux EI graves ont nécessité l’arrêt du traitement: œdème de Quincke et toxidermie lichénoïde.

La médiane de SSP est de 1,9 mois : de 4,2 mois dans le MF et de 1,7 mois dans le SS. La SSP en fonction du nombre de lignes antérieures est de 4,2 mois (n=10; ≤ 3 lignes) et 1,5 mois (n=12; > 3 lignes)

Aucune différence de SSP n’est statistiquement significative entre le MF et SS.

 

Discussion/Conclusion

Les médianes de SSP (4,2 mois MF et 1,7 mois SS) en pratique courante sont inférieures à celles de l’étude de phase III (7,7 mois, Kyowa 0761-010 mogamulizumab vs.vorinostat). Le profil de tolérance est cohérent avec l’étude pivot avec une majorité d’EI rapportés de grade 1.

Ces résultats encourageants dans ces deux maladies graves orphelines méritent d’être confirmés sur plus de patients dans d’autres centres spécialisés.



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