Auteurs

Laguin Stéphanie* (Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France) | Mourgues Flore (Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France) | Kimbidima Reine (Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France) | Simonin Claire (Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France) | Coussirou Julie (Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France) | De Crozals Françoise (Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France)

Présenté par: Laguin Stéphanie




 

Introduction

En mai 2019, une augmentation des déclarations de pharmacovigilance liées au paclitaxel a été constatée dans notre établissement. Les effets indésirables rencontrés sont ceux fréquemment observés sous paclitaxel, mais pas seulement. Des toxicités inhabituelles en termes de nature et de grade ont été recensées (diarrhées grade 3, toxicités unguéales grade 2). L’objectif de ce travail est de quantifier, objectiver et documenter ces toxicités afin de tenter de déterminer un profil patient de toxicité.

Matériels et méthodes

Recueil rétrospectif des données dans le logiciel d’aide à la prescription, chez toutes les patientes ayant nécessité une déclaration de pharmacovigilance pour toxicité sous paclitaxel. Les données recueillies sont les suivantes : âge, indication (adjuvante/ néoadjuvante/ métastatique), nombre de perfusion de paclixatel reçu au moment de la toxicité, posologie, fréquence d’administration, fréquence du suivi médical, comédication par de la phytothérapie, nature et grade de la toxicité et suite de la prise en charge (poursuite à 100% de la dose/réduction/ arrêt). Un bilan médicamenteux a été établi pour chaque patiente, afin de détecter des éventuelles interactions.

Résultats

Sur une période de 2,7 mois, 10 déclarations de pharmacovigilance ont été faites pour 10 patientes de moyenne d’âge 64±11,2 ans. 80% d’entre elles sont traitées pour des cancers du sein dont 37,5% en adjuvant et 62,5% en néoadjuvant. 100% des patientes suivaient un protocole avec une posologie à 80mg/m2, hebdomadaire, et elles bénéficiaient toutes d’un rendez-vous médical à chaque visite. 70 % des patients présentaient des diarrhées (grade 1  à 4), 30% des toxicités unguéales (grade 1  à 2), 20% des neuropathies et 10% des neutropénies. Les cures ont été annulées, pour 40% des patientes, 30% ont poursuivi le taxol à posologie réduite et 20% des patientes ont poursuivi normalement leur traitement. Aucune patiente ne prenait de phytothérapie et aucune interaction significative n’a été retrouvée. Le laboratoire qui commercialise le paclitaxel a été contacté. En parallèle nos procédés de fabrication ont été revus et aucun élément significatif à l’origine de ces toxicités n’a été déterminé.

Discussion/Conclusion

Aucun profil de patient particulier ne s’est révélé plus sensible à la toxicité du paclitaxel. Il semblerait que ces phénomènes de toxicité aient été sous-estimés par l’équipe soignante et/ou sous déclarés par les patientes. Une démarche s’est alors engagée afin de mieux dépister et prendre en charge ces toxicités. Pour cela, un groupe de réflexion pluridisciplinaire a été formé, il est composé d’un médecin, un pharmacien, un infirmier et d’un interne en pharmacie. Un projet de recueil des toxicités précoces a débuté. Il consistera en un recueil hebdomadaire des toxicités, par le patient, via un formulaire sur tablette numérique au moment de la consultation médicale. Le but de cette démarche est de sensibiliser et d’impliquer les patients pour faciliter le dépistage précoce de ces toxicités.

 



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