Auteurs

Kresec Olivia* (Pharmacie, CH Laon, Laon, France) | Decrucq Marie Frédérique (3C, CH Laon, Laon, France) | Lemaitre Véronique (3C, CH Laon, Laon, France) | Barthomeuf Sandrina (3C, CH Laon, Laon, France) | Burde Fabienne (Pharmacie, CH Laon, Laon, France) | Harang Camille (Pharmacie, CH Laon, Laon, France) | Paziot Perrine (Pharmacie, CH Laon, Laon, France) | Robert Eric (3C, CH Laon, Laon, France) | Martin Sylvain (Pharmacie, CH Laon, Laon, France)

Présenté par: Kresec Olivia




Introduction

Une cartographie des risques sur le circuit des chimiothérapies a été menée au cours de l’année 2018. Une des actions prioritaires retenue est la réalisation d’une analyse pharmaceutique complète (anticancéreux, annexes, hydratation et traitement chronique) des patients recevant leur 1ère cure de chimiothérapie dans le service d’hôpital de jour ou en hospitalisation.

Matériels et Méthodes

Dans notre établissement, les prescriptions de chimiothérapies (anticancéreux, prémédication, antiémétiques et hydratation) sont réalisées à partir du logiciel Chimio®. Les traitements chroniques sont prescrits dans Pharma®, uniquement pour les patients hospitalisés.

Lors de la consultation d’annonce, l’infirmière de cancérologie recueille les ordonnances des patients, qu’elle transmet au pharmacien responsable des chimiothérapies. A la 1ère cure de chimiothérapie, le pharmacien réalise une analyse pharmaceutique de niveau 1, englobant le traitement chronique et la prescription de chimiothérapie, et en utilisant, l’outil « analyse d’interactions » de Vidal® Hoptimal pour la recherche d’interactions médicamenteuses (IM). Cette analyse pharmaceutique est ensuite tracée dans le logiciel Chimio® et dans le dossier du patient à la pharmacie. Le médecin est contacté en cas d’interaction médicamenteuse majeure ou de contre-indication.

Résultats

31 patients sont venus pour une 1ère cure de chimiothérapie entre octobre 2018 et juillet 2019. L’âge moyen des patients était de 69 ans. 2 patients n’avaient pas de traitement chronique au moment de débuter la chimiothérapie. Les patients avaient en moyenne 6,7 médicaments à domicile et 4,3 médicaments sur la prescription de chimiothérapie.

Des IM ont été détectées pour 16 patients : 47,5% entre l’anticancéreux injectable et le traitement chronique, 47,5% entre les antiémétiques et le traitement chronique et 5% entre la prémédication et le traitement chronique. Les IM déconseillées suivantes : altération de la vigilance (61%) et risque d’hypoglycémie (17%) sont les IM les plus fréquemment rencontrées entre l’anticancéreux injectable et le traitement chronique.

Pour les IM entre les antiémétiques et le traitement chronique, le risque majoré d’hypokaliémie est présent dans 28% des cas, l’interaction tramadol/ondansétron (diminution de l’effet antalgique et de l’effet antiémétique) dans 22% des cas et le risque de majoration du risque hémorragique est retrouvé dans 17% des cas.

Aucune contre-indication n’a été relevée, ni d’erreur de posologie.

Discussion/conclusion

Ce premier bilan montre qu’il est possible, grâce à la coopération du patient et la bonne coordination entre l’infirmière de cancérologie et le pharmacien, d’analyser l’intégralité du traitement du patient de cancérologie à un moment précis de sa prise en charge.

Plusieurs pistes sont maintenant étudiées afin d’optimiser cette analyse pharmaceutique : réévaluer l’ensemble du traitement du patient lors d’un changement de ligne de traitement, réaliser un entretien avec le patient afin d’intégrer lors de l’analyse les médicaments d’automédication, les compléments alimentaires ou la phytothérapie, étendre cette pratique aux chimiothérapies orales.



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