Auteurs

Ladaique Amandine* (Pharmacie, APHP Henri Mondor, Créteil) | Smires Sophia (Pharmacie, APHP Henri Mondor, Créteil) | Saldana Carolina (Oncologie, APHP Henri Mondor, Créteil) | Carvalho Muriel (Pharmacie, APHP Henri Mondor, Créteil) | Tournigand Christophe (Oncologie, APHP Henri Mondor, Créteil) | Paul Muriel (Pharmacie, APHP Henri Mondor, Créteil)

Présenté par: Ladaique Amandine




Introduction

Touchant des hommes généralement jeunes et en bon état général au diagnostic, les tumeurs germinales sont hautement curables mais semblent particulièrement à risque d’évènement thromboembolique (ETE), jusqu'à 19% dans la littérature.

Les oncologues ayant le sentiment d'une augmentation du nombre d'ETE chez les patients adultes atteints d'un cancer germinal traités ces derniers mois par le protocole BEP dans notre institution, nous avons cherché à déterminer l'incidence et les caractéristiques des ETE, identifier les principaux facteurs de risque d'ETE et définir l’impact de la prophylaxie anticoagulante sur la survenue d’ETE dans cette population.

Patients et méthodes

Etude monocentrique rétrospective des dossiers des patients traités par BEP (J1-J21 bléomycine 30mg J1 J9 J16, étoposide 100mg/m² J1-J5, cisplatine 20mg/m² J1-J5) entre 01.2012 et 01.2018. Les données cliniques, anatomopathologiques et de traitement ont été recueillies. Les ETE étaient relevés pendant la durée du traitement et jusqu’à deux mois après.

Analyse univariée : test de Fisher (variables qualitatives), test de Man-Whitney (variables quantitatives), significatifs si p-value<0,05.

Résultats

Quarante-trois patients ont été identifiés, cinq patients ont été exclus car ayant reçu moins de 2 cycles de BEP. La moyenne d’âge était de 37 ans (19-64), le primitif était principalement testiculaire (36;95%). Le stade I concernait 5 patients (13%), le stade II 25 patients (66%) et le III 8 patients (21%). Le pronostic était bon pour 23 patients (61%).

Huit patients (21%) ont présenté un ETE dont 7 thromboses veineuses profondes (87,5%) et 1 superficielle (12,5%). La moitié des ETE sont survenus au cours de la chimiothérapie (14-77 jours après le C1J1). De 2012 à 2016, le taux d'ETE était de 19% contre 29% depuis 2017. Aucune des variables étudiées ne montrait d'impact significatif sur le risque d'ETE. Toutefois le nombre de cycles de BEP reçus et la dose cumulée de cisplatine étaient dans la limite de la significativité avec p=0,057 et p=0,096 respectivement. Sept des 8 patients (87,5%) qui ont présenté un ETE étaient anticoagulés par héparine de bas poids moléculaire avant la survenue de l'évènement, dont 3 uniquement pendant l’administration de la chimiothérapie de J1 à J5.

Conclusion

Le taux d'ETE est élevé, particulièrement ces derniers mois, au-delà des taux évoqués dans la littérature. La dose cumulée de cisplatine et le nombre de cycles de BEP reçus semblent influencer le risque de présenter un ETE. La littérature le confirme et soulève d’autres facteurs (taux de LDH (lactate déshydrogénase) supérieur à la normale, présence d’une chambre implantable, surface corporelle supérieure à 1,9m²), non corroborés dans cette étude monocentrique. L'anticoagulation n'a pas montré d'impact sur la prévention des ETE à ce jour. L’hétérogénéité des pratiques professionnelles concernant la prescription d'anticoagulants sera évaluée dans notre institution. Une analyse multivariée sur une population plus importante permettrait de définir des recommandations à partir des facteurs de risque identifiés.



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