Auteurs

Baulu Estelle (PUI, Unité de Pharmacie Clinique Oncologique, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Schwiertz Vérane (PUI, Unité de Pharmacie Clinique Oncologique, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Vantard Nicolas (PUI, Unité de Pharmacie Clinique Oncologique, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Ranchon Florence* (PUI, Unité de Pharmacie Clinique Oncologique, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Rioufol Catherine (PUI, Unité de Pharmacie Clinique Oncologique, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon)

Présenté par: Ranchon Florence




La Commission Européenne a approuvé en mai et août 2018 le changement posologique de deux anti-PD1, le Nivolumab (précédemment prescrit à 3 mg/kg, passe à la dose fixe de 240 mg ; équivalent à une dose pour un poids moyen de 80 kg) et le Pembrolizumab (prescrit à 2 mg/kg, passe à la dose fixe 200 mg ; équivalent à un poids moyen de 100 kg). L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact du passage en dose fixe sur la survenue des effets indésirables, pour une population de faible poids.

Les patients d’un centre hospitalo-universitaire traités exclusivement par dose fixe de Nivolumab ou Pembrolizumab dans l’indication mélanome ou cancer bronchique non à petites cellules, entre mars 2018 et mars 2019, ont été identifiés rétrospectivement. La survenue d’effets indésirables a été recueillie à partir du Dossier Patient Informatisé, pour les patients ayant un poids ≤ 60 kg le jour de la première cure (cohorte dose fixe). Les données ont été comparées à une cohorte historique de patients de poids ≤ 60 kg, traités dans le même centre par Nivolumab ou Pembrolizumab dans les mêmes indications, entre janvier 2015 et mai 2017 (cohorte contrôle). Les effets indésirables ont été recueillis durant les 3 premiers mois de traitements, du fait de leur fréquence de survenue plus importante sur cette période.

198 patients ont été traités par Nivolumab (n=118) ou Pembrolizumab (n=80) en dose fixe. Le poids moyen des patients était de 72,6 kg dont 27,3 % (54/198) avaient un poids ≤ 60 kg. Parmi ces patients de poids ≤ 60 kg, 77,8 % (42/54) ont expérimenté des effets indésirables, avec une moyenne de 2,07 évènements par patient, contre 55,2 % (42/76) des patients de la cohorte contrôle, avec une moyenne de 0,88 évènements par personne (p<0,05). Pour les deux groupes, la majorité des effets indésirables n’ont pas eu d’impact sur le traitement (92,9 % cohorte dose fixe ; 87,9 % cohorte contrôle), 2,7 % et 7,6 % ont entraîné une suspension du traitement et 4,5 % et 6,1 % ont entraîné un arrêt définitif du traitement pour les cohortes dose fixe et contrôle respectivement. Les effets indésirables les plus fréquents survenus chez les patients de la cohorte dose fixe sont fatigue (22 % ; 24/109), diarrhées (11,9 % ; 13/109), arthralgies (11 % ; 12/109), nausées (6,4 % ; 7/109) et diminution d’appétit (4,6 % ; 5/109).

Les données de cette étude montrent une augmentation de l’incidence des effets indésirables pour les patients de faible poids traités en dose fixe, qui serait à confirmer sur une plus grande cohorte et sur une période prolongée. Ces données montrent que les poids moyens utilisés pour les doses fixes sont bien supérieurs aux poids des patients français.



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