Auteurs

Smires Sophia (Pharmacie - APHP Henri Mondor - Créteil) | Ladaique Amandine* (Pharmacie - APHP Henri Mondor - Créteil) | Saeed Wesam (Pharmacie - APHP Henri Mondor - Créteil) | Paul Muriel (Pharmacie - APHP Henri Mondor - Créteil) | Carvalho Muriel (Pharmacie - APHP Henri Mondor - Créteil)

Présenté par: Ladaique Amandine




Introduction

Le nivolumab est un anticorps monoclonal humain anti-PD1 (Programmed Cell-Death) qui a obtenu ses premières AMM avec des posologies à 3 mg/kg toutes les 2 semaines. Une actualisation du RCP (240 mg toutes les 2 semaines, correspondant à un patient de 80 kg, ou 480 mg toutes les 4 semaines dans le cas du mélanome et du carcinome rénal) a eu lieu en mai 2018.

L'objectif était d'évaluer l’impact économique du changement de posologie du nivolumab pour notre hôpital.

Matériels et méthodes

Les données du 28/01/2015 au 03/05/2018 ont été collectées rétrospectivement sur l’ensemble des patients traités par nivolumab au sein de l’hôpital Henri Mondor. Les coûts théoriques ont été calculés sur la base de 10,53 euros/mg. Une comparaison rétrospective des coûts réels depuis la commercialisation par rapport aux coûts théoriques pour une dose standard a été réalisée. Les tests statistiques utilisés étaient le test de Student (comparaison de moyennes observées sur séries appariées) ou le test de Wilcoxon pour séries appariées, en fonction de la normalité des échantillons (évaluée par test de Shapiro-Wilk).

Résultats

Sur l’ensemble de la période, 41 patients ont été traités, soit 323 prescriptions. Le sexe ratio (H/F)  était de 61/39, le poids moyen de 72 kg [39-113 kg]. La dose de 63% des prescriptions était inférieure ou égale à 240 mg, soit une augmentation de la dose reçue par patient de 16,3% en moyenne. Il existait une différence significative entre le coût moyen d’un cycle actuel et le coût estimé d’un cycle à 240 mg sur l’ensemble de la population (p=0,0027) et plus spécifiquement pour les patients de sexe féminin (p=0,0174) et ceux atteints d’un mélanome (p=0,0084). L’écart de coût suite à l’adaptation posologique a été estimé à 69 455 euros sur la période d’étude, soit une augmentation de 9,3%.

Discussion/Conclusion

Ce travail montre que les patients reçoivent en moyenne une dose supérieure de 16% par rapport à la dose de 3 mg/kg, correspondant à  un surcoût de près de 70 000 € sans que, pour autant, il y ait une démonstration d’une efficacité supérieure voir d’une toxicité majorée. Certes, le passage à une dose standard présente comme avantages une réattribution facile, une optimisation de nos organisations avec la mise en œuvre du dose binding (stabilité : 30 jours) et une amélioration de la qualité de vie des patients dans le cas des intercures à 4 semaines. A l'échelle nationale, à l'heure où les économies sont de mise et les financements difficiles à obtenir pour le développement d'activités comme la pharmacie clinique, cette dose standard est-elle nécessaire ? Reste également la question de l'aspect réglementaire. La prescription selon une ancienne version de RCP est-elle envisageable ?



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