Auteurs

Monirul Sanjana* (Service Pharmacie, Hôpital Avicenne (HUPSSD), Bobigny) | Apparuit Maxime (Service Pharmacie, Hôpital Avicenne (HUPSSD), Bobigny) | Le Jouan Mélisande (Observatoire du Médicament, des Dispositifs médicaux et de l’Innovation Thérapeutique, Ile de France) | Zelek Laurent (Service Oncologie Médicale, Hôpital Avicenne (HUPSSD), Bobigny) | Jacolot Anne (Service Pharmacie, Hôpital Avicenne (HUPSSD), Bobigny) | Duchemann Boris (Service Oncologie Médicale, Hôpital Avicenne (HUPSSD), Bobigny) | Rigal Marthe (Service Pharmacie, Hôpital Avicenne (HUPSSD), Bobigny)

Présenté par: Monirul Sanjana




Les inhibiteurs de check point immunitaire (ICI) ont considérablement modifié le traitement des cancers bronchiques avec une amélioration de la survie globale et des taux de réponse. En 2016 et 2017, le nivolumab et le pembrolizumab ont été approuvés comme étant les nouveaux standards de 2e ligne du traitement du cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) métastatique. Le pembrolizumab est également une option en 1e ligne si la tumeur exprime le PD-L1 ≥ 50%. Alors que la masse financière engagée pour les ICI pèse déjà sur les dépenses de médicaments, le schéma posologique a été modifié en 2018, passant d’une dose adaptée au poids à une dose fixe, laissant craindre une nouvelle augmentation des dépenses. C’est dans ce contexte qu’une analyse d’impact budgétaire (AIB) a été menée dans notre établissement puis à l’échelle de la région Ile de France (IdF).

Le coût du traitement des patients traités en 1e ou 2e ligne pour un CBNPC métastatique est évalué sur 2 ans (2018-2019) selon 2 scénarios (dose fixe versus dose adaptée au poids). Pour 2019 le coût en 2e ligne est également calculé selon 2 hypothèses de part de marché : une dite basse tenant compte de la répartition observée dans notre établissement entre les prescriptions de nivolumab et pembrolizumab et une dite haute avec une distribution équivalente entre les 2 médicaments. Le coût du traitement est calculé à l’échelon local de notre établissement puis pour l’IdF. La population cible est estimée à l’aide des données PMSI 2018 et projetée en 2019 après application d’un taux d’évolution de la population fixé à partir du taux de croissance de la population prise en charge dans cette indication en IdF. La durée de traitement et le poids des patients sont établis à l’aide des données issues de la cohorte de patients traités dans notre établissement et des études cliniques.

L’AIB prévoit en cas de prescription en dose fixe en 2018, un surcoût de 550 115 € dans notre établissement et de 9 704 778 € en IdF. En 2019, l’AIB conclut à un surcoût, selon les hypothèses basse et haute, respectivement de 556 969 € et 756 544 € localement et de 10 201 027 € ou 14 486 141 € pour l’IdF. L’adoption de ce changement de posologie en dose fixe conduirait selon l’hypothèse la moins coûteuse à un surcoût de 26% des dépenses d’ICI dans cette indication.

Ces résultats incitent à réfléchir à l’adoption stricte de cette modification de posologie et à rechercher un consensus avec les autorités sanitaires concernées sur la conduite à tenir. En l’absence de recommandations nationales, le maintien du libre choix entre une prescription adaptée au poids ou en dose fixe semble une option pertinente.



E-Poster