Auteurs

De Oliveira Caroline* (Pharmacie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France) | Bruneau Antoine (Pharmacie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France) | Bonnet Clément (Oncologie médicale, Hôpital Saint-Louis, Paris, France) | Touratier Sophie (Pharmacie, hôpital Saint-Louis, Paris, France) | Madelaine Isabelle (Pharmacie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France)

Présenté par: De Oliveira Caroline




Introduction : La conciliation médicamenteuse a pour objectif de diminuer la iatrogénie médicamenteuse et d’améliorer la prise en charge des patients. En oncologie médicale, les traitements anticancéreux et associés s’ajoutent aux traitements habituels des patients, augmentant le risque de iatrogénie au sein d’une population fragile. L’objectif de cette étude est d’évaluer la mise en place de la conciliation médicamenteuse d’entrée dans un service d’oncologie médicale.

Matériels et méthodes : La conciliation médicamenteuse s’est déroulée au sein du service d’hospitalisation d’oncologie médicale de l’hôpital Saint-Louis et était menée par un interne et une externe en pharmacie. Ont été conciliés les patients admis dans le service depuis moins de 72h et avec lesquels un entretien avait pu avoir lieu. À l’admission du patient, un Bilan Médicamenteux Optimisé était établi puis mis en confrontation avec l’ordonnance du service, afin d’identifier et de caractériser d’éventuelles divergences.

Résultats : Entre janvier et mars 2019, 42 patients ont été conciliés (âge moyen 62 ans, 15 femmes, 27 hommes,  PS 0-3). Trente-neuf patients (93%) étaient sous traitement anticancéreux injectable. Vingt-trois (55%) étaient traités en 1ère ligne de chimiothérapie, 14 (33%) en 2ème ligne et 5 (12%) en 3ème ligne ou plus. Les cancers étaient majoritairement urothéliaux (36%), pulmonaires (19%) et gynécologiques (9,5%). Vingt-cinq patients (60%) étaient au stade métastatique, les stades plus précoces (chimiothérapies néoadjuvantes) étant principalement des tumeurs de vessie. Au total, 267 divergences ont été identifiées (6,4 divergences par patient en moyenne). Parmi elles, 24 divergences non intentionnelles (DNI) ont été retrouvées (9%) chez 15 patients (35,7%), correspondant à 1,6 DNI par patient. Dix-sept (70,8%) DNI étaient dues à des omissions, 6 (25%) à des erreurs de posologie et 1 (4,2%) à un doublon de prescription. Les classes pharmacologiques représentées étaient majoritairement les laxatifs (3 DNI), les statines (3 DNI) et les bêtabloquants (2 DNI). Six patients sur vingt-trois traités en 1ère ligne (26,1%), 7/14 en 2ème ligne (50%) et 2/3 en 3ème ligne ou plus (66,7%) ont présenté une DNI dans leur ordonnance.  Dix-huit DNI (75%) ont été corrigées par les prescripteurs.

Discussion/Conclusion : La mise en place de la conciliation médicamenteuse en oncologie médicale a permis l’identification de 24 divergences non intentionnelles, prévenant de potentiels événements indésirables. La majorité des interventions pharmaceutiques a été prise en compte par l’équipe médicale (75%). Une augmentation du nombre de DNI à chaque nouvelle ligne de traitement a par ailleurs été observée. Bien que le processus soit chronophage, la conciliation a vocation à être poursuivie en oncologie médicale mais nécessite d’être optimisée : identification des patients pour lesquels elle serait la plus pertinente et mise en place de la conciliation de sortie afin de sécuriser davantage le circuit du médicament.



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