Auteurs

Vangheluwe Edouard* (Service de Pharmacie, Hôpital St Vincent de Paul - GHICL, Lille (France)) | Cathelineau Fanny (Service de Pharmacie, Hôpital St Vincent de Paul - GHICL, Lille (France)) | Giraud Jean (Service de Pharmacie, Hôpital St Vincent de Paul - GHICL, Lille (France)) | Trivier Jean-marc (Service de Pharmacie, Hôpital St Vincent de Paul - GHICL, Lille (France)) | Pingaud Céline (Service de Pharmacie, Hôpital St Vincent de Paul - GHICL, Lille (France))

Présenté par: Vangheluwe Edouard




Introduction

Les chimiothérapies orales pourraient représenter 50% des traitements anticancéreux d’ici 2020. Si la voie orale a logiquement la préférence des patients, elle est trop souvent considérée à tort comme sans danger. On estime qu’entre 19 à 40% des patients atteints de cancer ont recours à la phytothérapie. Bien qu’étant une thérapeutique « naturelle », certaines plantes médicinales peuvent interagir avec certains médicaments ou s’avérer toxiques. L’objectif de ce travail est d’évaluer l’impact de la phytothérapie sur les patients sous chimiothérapie orale.

Matériels et Méthodes

Ont été inclus, sur une période de 8 mois, tout patient atteint de myélome multiple, sous chimiothérapie orale, ayant bénéficié d’une consultation pharmaceutique de primo-prescription. Au cours de la consultation pharmaceutique, la prise de phytothérapie et de compléments alimentaires était recensée et analysée à l’aide de la base Hédrine® et de la base « About Herbs, Botanicals & Other Products » sur le site du Memorial Sloan Kettering Cancer Center. En cas d’interaction nécessitant une modification de prescription ou un suivi particulier, le pharmacien réalisait une intervention pharmaceutique (IP) auprès de l’onco-hématologue.

Résultats

En 8 mois, 34 patients ont bénéficié d’une consultation pharmaceutique de primo-prescription. Environ un quart des patients (26,5%) avait recours à la phytothérapie et 6 IP en lien avec la phytothérapie ont été réalisées. Plusieurs plantes ont été relevées pouvant inhiber le CYP 3A4 ou potentialiser la survenue d’effets indésirables : l’harpagophytum, le curcuma, le gingembre et la passiflore. La racine d’harpagophytum, utilisée pour ses propriétés anti-inflammatoires, présente une action antiagrégante qui nécessite une surveillance rigoureuse des signes hémorragiques. Elle est donc à déconseiller chez les patients sous anticoagulants. Il en est de même pour le curcuma, utilisé pour ses propriétés anti-oxydantes. Le gingembre, utilisé pour limiter les vomissements chimio-induits, et la passiflore, utilisée pour favoriser le sommeil et réduire le stress, sont tous les deux inhibiteurs du CYP 3A4 et sont donc à éviter avec certains médicaments, notamment avec la dexaméthasone dans le cas du myélome multiple. Nous avons ainsi recommandé l’arrêt de la prise des plantes citées ci-dessous pour l’ensemble des patients concernés.

Discussion / Conclusion

De nombreux patients atteints de cancers, sous chimiothérapie orale, ont recours à la phytothérapie le plus souvent pour prévenir les effets indésirables de leur traitement. Ces patients n’ont pas conscience du risque d’interactions potentielles que cette consommation engendre. Le pharmacien a donc un rôle important à jouer pour en évaluer le rapport bénéfice/risque ; le message à transmettre étant de ne pas consommer de phytothérapie ou de compléments alimentaires sans demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.



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