Auteurs

Toubal Slimane* (Institut du cancer de Montpellier, service pharmacie) | Bons Carole (Institut du cancer de Montpellier, service pharmacie) | Perrier Caroline (Institut du cancer de Montpellier, service pharmacie) | Leenhardt Fanny (Institut du cancer de Montpellier, service pharmacie) | Pinguet Frédéric (Institut du cancer de Montpellier, service pharmacie)

Présenté par: Toubal Slimane




Introduction : A l’Institut  du Cancer de Montpellier (ICM), pour toute initiation de thérapie orale (TO) anti-cancéreuse, les patients s’entretiennent avec l’équipe de coordination composée d’un pharmacien et d’un infirmier. Un bilan médicamenteux optimisé est réalisé à cette occasion[1]. Toutes les comédications sont relevées et analysées par l’équipe pharmaceutique afin de détecter d’éventuelles interactions médicamenteuses (IM) et de réaliser, le cas échant, des interventions pharmaceutiques (IP). L’objectif de ce travail est de déterminer le nombre et le type d’IM relevées lors de nos consultations pharmaceutiques et évaluer leurs impacts.

Matériels et méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective. Toutes les IP réalisées par l’équipe pharmaceutique de janvier 2018 à décembre 2018 ont été analysées selon la classification proposée par la Société Française de Pharmacie Clinique[2] .

Résultats : Sur les 499 patients vus en entretien TO, 22% (107/499) des patients présentaient une IM entre leur comedication et la TO introduite.  L’équipe pharmaceutique a détecté au moins deux IM chez 3% des  patients (16/499). Ces IM sont principalement en rapport avec l’allopathie (64%) et la phytothérapie (28%). Les IM relatives à l’allopathie concernaient majoritairement les anti-acides (38%), les hypolipémiants (13%), les antihypertenseurs (9%) et les anticoagulants (7%). Les TO les plus impliquées dans ces IM sont le palbociclib (43%), la capecitabine (16%), le sunitinib (8%) et le pazopanib (6%). L’impact de ces IM correspondait à un risque de variabilité d’ordre pharmacocinétique à savoir  de modulation d’exposition plasmatique : diminution de la concentration de la TO (38%), d’augmentation de la concentration du traitement allopathique associé (34%) ou d’augmentation de la concentration de la TO (13%). Les IM relevées ont engendré une IP ayant modifié la prise en charge du patient dans 88% des cas permettant la sécurisation de l’introduction de la TO. Les principales IP réalisées ont abouti à une optimisation des modalités d’administration (27%), un suivi clinico-biologique (21%), un arrêt (20%), une substitution ou un échange (19%) de la comédication.

Conclusion : L’analyse des comédications lors de la consultation pharmaceutique permet de détecter d’éventuelles IM et de réaliser des IP au cas par cas.  Cette analyse pharmaceutique renforce la place du pharmacien hospitalier dans le suivi des TO afin d’éviter le risque de sous exposition à la TO et de toxicités accrue des comédications. Un suivi de l’impact de ces IP à long terme permettrait de rendre compte de leur pertinence sur l’optimisation de la prise en charge du patient.

[1] Recommandations S.F.P.O. sur la réalisation de Consultations Pharmaceutiques en Oncologie. SFPO.2017

[2] Fiche intervention pharmaceutique,SFPC,Juin 2004 . Version 1



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