Auteurs

Gratiaux Julian* (Unité de Médecin-Ambulatoire – Cancérologie-Hématologie, CHU Reims, Reims, France) | Clarenne Justine (Pharmacie, CHU Reims, Reims, France) | Delmotte Marie (Pharmacie, CHU Reims, Reims, France) | Aubert Léa (Pharmacie, CHU Reims, Reims, France) | Dick Fadi (Unité de Médecin-Ambulatoire – Cancérologie-Hématologie, CHU Reims, Reims, France) | Michelet-huot Elise (Pharmacie, CHU Reims, Reims, France) | Slimano Florian* (Pharmacie, CHU Reims, Reims, France / Faculté de pharmacie, Université de Reims Champagne-Ardenne, Reims, France)

Présenté par: Gratiaux JulianSlimano Florian




  • Introduction

Parmi les risques cardiaques associés aux traitements anticancéreux, le syndrome du QT long est une pathologie essentiellement iatrogène et associée à une augmentation du risque d’arythmies graves. Si ce risque existe avec de nombreux médicaments, les anticancéreux et leurs traitements adjuvants semblent contribuer de manière significative à ce risque. L’objectif de l'étude est d’évaluer quantitativement la contribution de la prise en charge oncologique (médicaments anticancéreux et adjuvants) à l’augmentation de ce risque cardiaque spécifique.

  • Matériels et méthodes

Etude rétrospective monocentrique incluant tous les patients ayant reçu un traitement anticancéreux au sein de l’hôpital de jour  de notre établissement dans le cadre d’un cancer digestif, thoracique ou hématologique. Pour chaque patient, un bilan médicamenteux optimisé  était systématiquement réalisé. Le score de risque d’allongement du QT était calculé pour un même patient avec et sans traitements anticancéreux et adjuvants à l’aide de l’échelle de Tisdale et al. [1]. L'interprétation de cette échelle proposait d’attribuer un risque faible lorsque le score était inférieur à 7, un risque modéré et élevé respectivement lorsque le score était compris entre 7 et 10 et lorsqu’il était supérieur à 10.

  • Résultats

Les données de n=94 patients ont été analysées selon la répartition suivante : digestif n=40, thoracique n=14 et hématologique n=40. Avant prise en compte des traitements anticancéreux et adjuvants, n=88 patients présentaient un risque faible et n=6 patients un risque modéré. Après prise en compte des traitements anticancéreux et adjuvants, seuls n=41 présentaient encore un risque faible, n=53 patients présentaient un risque modéré mais aucun ne présentait de risque élevé. Toutes spécialités confondues, l’association médicamenteuse allongeant le QT la plus représentée est une anthracycline (doxorubicine, daunorubicine) associée à un antiémétique type sétron (ondansetron) (n=69). Les diurétiques hypokaliémiants (de l’anse et thiazidiques) sont une des classes médicamenteuses augmentant l’intervalle QT les plus représentées (n=18). En hématologie, la prophylaxie antibactérienne et antifongique augmente également ce risque (25% du au Sulfaméthoxazole/Triméthoprime et 22,5% du au Posaconazole).

  • Discussion/Conclusion

La prescription des traitements anticancéreux et adjuvants multiplie le risque modéré de syndrome du QT long par 8,8 mais n’expose pas à un risque élevé selon le score de Tisdale et al. [1]. Ce score ne semble cependant pas adapté à l’oncologie car il n’intègre pas la notion de traitement séquentiel alors que l’association ponctuelle d’un antiémétique et de certains anticancéreux augmente d’emblée le score de 6 points. La gestion de ces interactions est également peu codifiée et fait surtout appel à la réalisation d’un ECG et/ou un suivi ionique. Une réflexion multicentrique et prospective pourrait permettre de valider une échelle plus appropriée pour la réalisation d’interventions pharmaceutiques plus adaptées.

[1] Tisdale JE, Jaynes HA, Kingery JR, et al. Development and validation of a risk score to predict QT interval prolongation in hospitalized patients. Circ Cardiovasc Qual Outcomes 2013;6:479-87



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