Auteurs

Grivel Charlotte* (URC, CHR Orléans, France) | Priou Veronique (URC, CHR Orleans, France) | Hermelin Jobet Isabelle (pharmacie, CHR Orléans, France)

Présenté par: Grivel Charlotte




  • Introduction :

Le Cisplatine a une toxicité rénale limitante. Il se lie fortement et rapidement aux protéines plasmatiques. Le platine libre est éliminé par filtration glomérulaire et sécrétion tubulaire via des transporteurs. Une clairance de la créatinine (Cockcroft et Gault) inférieure à 60 mL/min contre-indique son administration. L’hyperhydratation supplémentée en magnésium prévient la néphrotoxicité.

La survenue rapprochée de nephrotoxicité chez des patients avec cancers ORL sous protocole EXTREME (Cisplatine, Cétuximab, 5-Fluorouracile) a déclenché la recherche des facteurs de risques (FDR) et causes de néphrotoxicités.

  • Matériels et méthodes :

Revue de la littérature à partir du moteur de recherche PUBMED : identification des FDR de néphrotoxicité du Cisplatine (mots clés : Cisplatin, risk factor, nephrotoxicity).

Collecte rétrospective de données des patients sous protocole EXTREME, issues des logiciels de prescription de Janvier 2018 à Avril 2019 : identification des cas de néphrotoxicité post Cisplatine (créatininémie multipliée par 1,5) ; Recherche des FDR identifiés dans la littérature chez ces patients.

Recherche d’interactions potentielles sur la voie de sécrétion tubulaire à partir d’une publication : «Renal drug transporters and drug interactions» d’Anton Ivanyuk et al.

  • Résultats :

Treize publications sont retenues. Les FDR identifiés sont : hypoalbuminémie, tabagisme, pathologies cardiaques, diabète, hyperuricémie, absence d’apport en magnésium, interactions médicamenteuses (prise chronique d’AINS ; médicaments néphrotoxiques ; ondansétron), âge, sexe féminin.

Sept patients ont reçu un protocole EXTREME ; cinq ont présentés une néphrotoxicité dont quatre après la première cure et un après la troisième ; deux sont décédés. Les FDR retrouvés chez ces cinq patients sont : hypoperfusion rénale avec retard de diurèse (5 sur 5) ; tabagisme (5 sur 5) ; hypoalbuminémie (2 sur 5) ; ondansétron (5 sur 5) ; clairance de la créatinine inférieure à 60ml/min avant la première cure (2 sur 5).

En moyenne cinq médicaments par patients sont en interaction théorique sur la voie de sécrétion : ondansetron, pantoprazole, paracétamol présents chez tous.

  • Discussion/Conclusion :

Certains FDR identifiés n’ont pas été évalués faute d’exhaustivité : uricémie ; prise d’AINS.

MATE1 est le principal transporteur d’efflux urinaire du cisplatine, son inhibition entraine l’accumulation intratubulaire du Cisplatine. Les preuves cliniques d’interaction via inhibition de MATE1 sont limitées, nécessitant plus d’études.

Cette analyse a conduit après concertation pluridisciplinaire à : l’évolution des bilans pré-thérapeutiques et d’intercures (uricémie, magnésémie, clairance de la créatinine selon Cockcroft et Gault) ; l’incitation à la de-prescription (inhibiteur de la pompe à protons, anti-H2, ondansetron) ; le référencement d’une solution buvable d’aprepitant ; la modification de la chronologie d’administration du magnésium dans l’hyperhydratation ; la modification du suivi (bilan entrées/ sorties ; surveillance poids ; évolution créatininémie par rapport à la valeur basale) ; la vigilance vis-à-vis des conditions de diurèse ; la rédaction d’une fiche de bon usage.



E-Poster