Auteurs

Mourgues Flore* (Service Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France) | Simonin Claire (Service Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France) | Stéphanie Laguin (Service Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France) | Coussirou Julie (Service Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France) | Kimbidima Reine (Service Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France) | Chanet Brigitte (Service Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France) | Pluja-jean Nadine (Service Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France) | De Crozals Françoise (Service Pharmacie, Institut Sainte Catherine, Avignon, France)

Présenté par: Mourgues Flore




Introduction

Le durvalumab, après avoir bénéficié d’une ATU de cohorte en mars 2018, a obtenu son AMM en septembre 2018 dans le cadre du CBNPC localement avancé, non opérable, PD-L1 ≥ 1 % et dont la maladie n'a pas progressé après une chimio-radiothérapie (RCC) à base de platine. Il s’agit de la seule indication de cette nouvelle immunothérapie. Cette étude présente les premières données en vie réelle de l’utilisation et de la tolérance de ce nouvel anti-PDL1.

Matériels et méthodes

Cette étude monocentrique rétrospective a été réalisée chez tous les patients ayant débuté un traitement par durvalumab dans notre centre depuis mars 2018. Le recueil des données a été établi à partir du dossier informatisé (ONCO THESAURIMED®). Les critères suivants ont été recueillis : OMS à l’instauration, tolérance, grade des toxicités, causes d’arrêt ou de report de cycle, progression de la maladie, corticothérapie ou antibiothérapie dans les 3 mois précédant l’instauration.

Résultats

De mars 2018 à juin 2019, 19 patients ont bénéficié d'un traitement par durvalumab. La moyenne d’âge est de 65ans et le sexe ratio homme-femme est de 3. Douze patients (63%) avaient un OMS 0 à l’instauration. Parmi ces 19 patients : 68% des patients (n=13) sont toujours en cours de traitement, 11% (n=2) ont arrêté définitivement le durvalumab pour toxicité de grade II/III et 21% (n=4) l’ont arrêté pour progression de la maladie objectivée par un scanner d’évaluation.

Treize patients (68%) ont eu des toxicités immuno-induites. Parmi ces toxicités : 46% (n=6) ont été résolues par des traitements symptomatiques sans décalage de cycle, 39% (n=5) ont nécessité un report de cure afin de gérer la toxicité et obtenir un retour à un grade 0/I, et 15% (n=2) ont amené l’arrêt définitif du traitement.

Dans la population des sept patients ayant nécessité une interruption ou un arrêt pour toxicité : 86% (n=6) avaient reçu des antibiotiques ou des corticoïdes (posologie >10mg) dans les trois mois précédant l’instauration. Tous les patients avec une bonne tolérance (n=5) (aucune toxicité ou suspension du traitement) n’avaient pas reçu de cortico-antibiothérapie.

Discussion/Conclusion

Cette première année d’utilisation du durvalumab nous montre que de nombreuses toxicités y sont associées. L'utilisation des corticoïdes et antibiotiques semble avoir un impact sur la tolérance de cette immunothérapie : une étude à plus long terme permettrait de le confirmer. C'est dans ce contexte que le pharmacien hospitalier a plusieurs rôles à jouer : dans la consultation pharmaceutique afin de sensibiliser et éduquer les patients sur les effets indésirables pour une déclaration et une prise en charge précoce, mais également dans la conciliation médicamenteuse à l'instauration de l'immunothérapie, afin de vérifier l'utilisation des corticoïdes et des antibiotiques, et enfin dans le suivi de tolérance de l'immunothérapie.



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