Auteurs

Rousseau Julia* (Hôpital Necker - Enfants Malades, pharmacie, Paris) | Cotteret Camille (Hôpital Necker - Enfants Malades, pharmacie, Paris) | Zribi Kaouther (Hôpital Necker - Enfants Malades, pharmacie, Paris) | Salguero Hernandez Gabriel (Hôpital Necker - Enfants Malades, pharmacie, Paris) | Batista Jonathan (Hôpital Necker - Enfants Malades, pharmacie, Paris) | Secretan Philippe-henri (Hôpital Necker - Enfants Malades, pharmacie, Paris) | Schlatter Joël (Hôpital Necker - Enfants Malades, pharmacie, Paris)

Présenté par: Rousseau Julia




Introduction:
Le risque de l’exposition du personnel soignant à des cytotoxiques lors de la manipulation des flacons des médicaments anticancéreux est bien établi. Pour limiter cela, les laboratoires pharmaceutiques ont développé des mesures telles que le nettoyage externe des flacons ou l’ajout d’un suremballage polymérique apposé sur le flacon pour éviter une casse du flacon. Cependant, à notre connaissance, il n’existe pas d’étude publiée récente évaluant l’impact de ces mesures sur la quantité de cytotoxiques à la surface du conditionnement primaire. L’objectif de notre étude est d’évaluer cette contamination résiduelle de certains de nos médicaments afin de décider de la mise en place de moyens de protection supplémentaires pour le personnel manipulant ces produits.

Matériels et méthodes:
Cinq spécialités ont été sélectionnées parmi soixante principes actifs manipulés mensuellement au sein de l’UCPI, en prenant en compte la consommation, la toxicité et la rémanence : la cytarabine, la doxorubicine, l’étoposide, le cyclophosphamide et l’ifosfamide. Le prélèvement des surfaces a été effectué immédiatement à la réception des spécialités et selon les recommandations du prestataire de service. Les prélèvements ont été analysés par une méthode LC-MS/MS préalablement validée et dont le seuil de détection est 0,01ng/cm² pour chaque substance active. Dix flacons de chaque produit ont été prélevés.

Résultats:
Parmi l’ensemble des spécialités, deux étaient filmées : la cytarabine et la doxorubicine. Il s’agissait également de deux molécules sous forme de solution « prêt à l’emploi ». La limite recommandée par la SEPO est de 0,1ng/cm2. Les taux de cytarabine présents sur les films protecteurs pour les 10 flacons étaient supérieurs à 4,3 ng/cm2 (2000ng). Les taux étaient de 0,03 ng/cm2 (30 ng) pour le cyclophosphamide et de 0,02 ng/cm2 (10 ng) pour la doxorubicine. Il n’a aucune contamination externe pour les flacons d’étoposide et d’ifosfamide.

Discussion / Conclusion:
Notre étude a permis de mettre en évidence une contamination de la surface externe des flacons de certains cytotoxiques : cytarabine, cyclophosphamide et doxorubicine. Ces résultats montrent que les flacons peuvent être contaminés laissant supposer un nettoyage partiellement efficace des flacons. De façon inattendue, la spécialité la plus contaminée est celle qui est protégée par un suremballage. Cela pourrait s’expliquer par une meilleure interaction-affinité de la cytarabine avec le suremballage en matériaux polymérique, et donc une plus grande difficulté à nettoyer le flacon par rapport au verre. De toute évidence, cette étude renforce l’intérêt de manipuler avec précaution et de décontaminer les flacons dès réception. Des mesures vont être mises en place : décontamination à l’alcool des flacons avant entrée au sein de l’unité et port d’un équipement de protection individuel adapté.



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