Auteurs

Haddou Sofia (OMEDIT Ile-de-France, Paris, France) | Boissinot Léa (OMEDIT Ile-de-France, Paris, France) | Beaudoin Alexandre (OMEDIT Ile-de-France, Paris, France) | Grumberg Valentine (OMEDIT Ile-de-France, Paris, France) | Borel Céline* (OMEDIT Ile-de-France, Paris, France) | Le Jouan Mélisande (OMEDIT Ile-de-France, Paris, France) | Hassani Yasmine (OMEDIT Ile-de-France, Paris, France) | Le Gonidec Patricia (OMEDIT Ile-de-France, Paris, France)

Présenté par: Borel Céline




  • Introduction

En septembre 2017, le rituximab devenait le 1er anti-cancéreux biosimilarisé. Les biosimilaires sont porteurs de nombreux enjeux. Favoriser leur recours est au centre des politiques et des expérimentations en cours à l’hôpital et en ville. L’objectif est d’évaluer le recours aux biosimilaires du rituximab à l’hôpital et d’identifier les facteurs influençant sa pénétration.

  • Matériels et méthodes

A partir du PMSI (Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information), les consommations 2017 et 2018 de Mabthera® (référence), Truxima® et Rixathon® (biosimilaires) intraveineux 500mg et 100mg ont été extraites et les données de la région la plus consommatrice exploitées. Pour cette région, un suivi mensuel de l’évolution des taux de recours aux biosimilaires (TDR) a été réalisé. L’influence du statut de l’établissement de santé (ES), du référencement, de la spécialité médicale a été évaluée par la comparaison des TDR (= [kg de biosimilaire(s)/ kg de rituximab]).

  • Résultats

En 2018, la principale région utilisatrice a consommé plus de 17kg de rituximab (20% de la  consommation nationale). Le TDR régional était supérieur au TDR national : 68% versus 63%. Quatre phases marquent l’évolution du TDR : progression continue d’octobre 2017 à février 2018 (TDR : 2% à 21%); croissance majeure entre février et avril 2018 (TDR : 21% à 69%); progression continue d’avril à septembre 2018 (TDR : 69% à 86%) et atteinte d’un plateau depuis octobre 2018 (TDR>88%). 59 ES ont administré du rituximab : 27 publics (14kg dont plus de 10kg pour le Centre Hospitalier Universitaire), 19 privés (<1kg) et 13 Etablissements Privés d’Intérêt Collectif (2kg). Le TDR moyen est de 81,9% pour les publics, 68% pour le CHU, 50% pour les ESPIC et 42% pour les privés [min=0%; max=100%]. 30 ES procédaient à un biréférencement (référence + biosimilaire) (13 publics dont le CHU, 9 privés et 8 ESPIC), 22 à un monoréférencement du biologique de référence (10 privés, 7 publics et 5 ESPIC) ou du biosimilaire pour 7 publics. Près de 60% des consommations (>10kg) correspondaient à des utilisations en onco-hématologie (TDR=70%), 8% en rhumatologie (TDR=62%) et 8% en neurologie (TDR=59%). La faible dispersion des TDR (écart-type = 0,065) selon la spécialité médicale souligne l’influence limitée de ce facteur.

  • Discussion/Conclusion

La pénétration des biosimilaires du rituximab a été rapide et forte comparativement à celle de l’infliximab ou de l’étanercept préalablement arrivés sur le marché. Le TDR s’est vu influencé par des problématiques différentes : recul scientifique moindre à l’arrivée des biosimilaires d’infliximab, prescriptions hospitalières exécutées en ville pour l’étanercept. L’arrivée des biosimilaires du rituximab a quant à elle nécessité de s’interroger sur la gestion des reliquats en unité de reconstitution des cytotoxiques et d’adapter les protocoles de prescription/fabrication. Cette dynamique de recours facilitée en cancérologie sera à confirmer par le suivi des TDR du trastuzumab ou du bévazizumab.



E-Poster