Auteurs

Gelas Camille* (UPCP, Centre Hospitalier de Brive-la-Gaillarde) | Streicher Caroline (UPCP, Centre Hospitalier de Brive-la-Gaillarde) | Daulange Annick (UPCP, Centre Hospitalier de Brive-la-Gaillarde) | Larnaudie Régine (Pharmacie, Centre Hospitalier de Brive-la-Gaillarde)

Présenté par: Gelas Camille




INTRODUCTION

La consommation de plantes connait un essor important ces dernières années en cancérologie. Il existe cependant des risques à leur utilisation tels que des interactions avec les anticancéreux et des effets indésirables (EI). L’objectif de cette étude est de faire un état des lieux concernant le recours à la phytothérapie en cancérologie et d’analyser les interactions retrouvées entre les plantes et les anticancéreux.

MATÉRIELS ET MÉTHODE

Un questionnaire a été élaboré avec principalement des questions ouvertes afin de savoir : combien de patients consommaient des plantes, lesquelles, depuis quand et est-ce que les professionnels de santé (PS) en étaient informés ? Il a été soumis à 2 types de patients : les patients du service d’hospitalisation de jour ayant des anticancéreux injectables (AI) et les patients sous anticancéreux oraux (AO) vus en consultation pluridisciplinaire de primo-prescription. Les sources utilisées pour l’analyse des interactions étaient les sites internet «oncolien», «hedrine» et «about herbs».

RÉSULTATS

129 patients ont été inclus dans l’étude, avec un âge médian de 67 ans : 70 patients traités par AI, 70 par AO et 11 par AI et AO. La consommation de plantes était retrouvée chez 29% des patients et elle était essentiellement féminine (62%). Les principales plantes retrouvées étaient : le curcuma (n=9), l’artichaut (n=5), le ginkgo biloba (n=5), l’aubépine (n=3) et la spiruline (n=3). La consommation de plantes a été initiée sous les conseils de leur entourage (24%), du médecin traitant (14%), d’un naturopathe (14%) ou du pharmacien d’officine (11%). Les patients prenaient des plantes depuis soit des années (43%) soit l’annonce de la maladie (30%) ou soit le début du traitement par anticancéreux (11%). 70% des patients n’avaient pas connaissance des risques pouvant être engendrés par la prise de plantes. Ils n’informaient pas forcément les PS de leur prise (54% n’informaient pas le cancérologue, 40% le médecin traitant et 38% le pharmacien d’officine). Chez 24% des patients consommant des plantes, une interaction pharmacocinétique entre l’anticancéreux et la phytothérapie a été identifiée et pouvait majoritairement augmenter la toxicité de l’anticancéreux par inhibition du CYP3A4. Il n’y avait pas de différence de consommation de plantes entre les patients sous AI (n=20) et AO (n=21) mais les interactions ont été retrouvées exclusivement chez les patients sous AO.

DISCUSSION/CONCLUSION

Cette étude montre que les patients sous AO comme injectable consomment des plantes. Les interactions entre les plantes et les anticancéreux sont plus retrouvées avec les AO car ils ont un métabolisme hépatique via le CYP3A4. Cependant, il manque d’étude concernant l’impact clinique des interactions entre les anticancéreux et les plantes et les études sont réalisées in vitro. Depuis cinq mois, un médecin naturopathe consulte une demi-journée par semaine dans le service de cancérologie afin d’accompagner ces patients.



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