Auteurs

Boisseranc Célia* (Service pharmacie, Hôpital Timone, Marseille, France) | Bruno Manon (Service pharmacie, Hôpital Timone, Marseille, France) | Di Mascio Thomas (Service pharmacie, Hôpital Timone, Marseille, France) | Tabélé Clémence (Service pharmacie, Hôpital Timone, Marseille, France) | Nouguerede Emilie (Service de médecine interne, gériatrique et thérapeutique, Hôpital Sainte-Marguerite, Marseille, France) | Couderc Anne-laure (Service de médecine interne, gériatrique et thérapeutique, Hôpital Sainte-Marguerite, Marseille, France) | Correard Florian (Service pharmacie, Hôpital Timone, Marseille, France)

Présenté par: Boisseranc Célia




INTRODUCTION

Selon les dernières recommandations de la Société Internationale d’OncoGériatrie, la prise en charge des patients âgés atteints de cancer doit correspondre à une approche pluridisciplinaire associant évaluation gériatrique standardisée et bilan de médication réalisés par oncogériatre et pharmacien hospitalier respectivement. Cette collaboration permet d’explorer le patient dans sa globalité, en tenant compte de sa pathologie néoplasique et de ses pathologies chroniques associées et ainsi d’optimiser ses traitements, y compris le traitement anticancéreux.

MATERIEL ET METHODE

ChimioAge® est  une étude prospective, observationnelle et monocentrique approuvée par le Comité de Protection des Personnes Ouest IV – Nantes. Sont inclus les patients âgés de plus de 70 ans et destinés à recevoir un traitement anticancéreux (chimiothérapie injectable, thérapie orale anticancéreuse, immunothérapie ou hormonothérapie). Cette étude décrit les résultats de cette prise en charge en terme de survie et de réhospitalisation et évalue l’impact des interventions médico-pharmaceutiques (IMP) en secteur de ville.

RESULTATS

Entre le 1er janvier 2017 et le 31 juillet 2018, 290 patients étaient éligibles à notre étude dont 172 ont été inclus. La moyenne d’âge était de 79,2 ans pour 57,6% et 42,4% d’hommes et de femmes respectivement. Parmi les patients inclus, 64 sont décédés au cours de l’étude (37,2%). Les facteurs prédictifs de décès mise en évidence sont le genre masculin, le stade avancé de la maladie, la réalisation de moins de 3 cures de chimiothérapie, l’arrêt précoce du traitement avant 3 mois, la réhospitalisation dans les 3 mois et enfin l’anémie. La réhospitalisation non programmée ou le passage aux urgences dans les 3 mois suivant l’inclusion du patient concerne 38,2% des patients. Les facteurs prédictifs de réhospitalisation ou de passage aux urgences sont la réalisation de moins de 3 cures de chimiothérapie et l’arrêt précoce avant 3 mois.

Enfin, plus des ¾ de la population totale adressée en service d’oncogériatrie pour chimiothérapie a fait l’objet d’IMP, et 60% des ordonnances ont été modifiées en accord avec une partie ou l’ensemble des recommandations, deux mois après la consultation d’oncogériatrie. Les IMP ont été totalement acceptées dans 33% des cas et partiellement acceptées dans 67% des cas.

DISCUSSION

D’après nos connaissances, ceci est la première étude qui évalue l’impact d’une collaboration entre oncogériatre et pharmacien dans ce nouveau parcours de soin du patient. Le décès précoce dans les 6 mois a été observé chez 30,2% des patients alors que Soubeyran et al(1) ont décrit un taux à 16,2% mais excluent les cancers du poumon et les métastases cérébrales. Plusieurs facteurs de mauvais pronostic ont pu être mis en évidence ou confirmer les données décrites dans la littérature(1).

(1)      Soubeyran P et al. Predictors of Early Death Risk in Older Patients Treated With First-Line Chemotherapy for Cancer. J Clin Oncol. 2012;30:1829-34.

Ce travail a bénéficié de la bourse AstraZeneca-SFPO 2017.



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