Auteurs

Gwladys Claustre (Pharmacie, CHRU de Nancy - Hôpitaux de Brabois, France) | Pauline Lider (Pharmacie, CHRU de Nancy - Hôpitaux de Brabois, France) | Jean Vigneron* (Pharmacie, CHRU de Nancy - Hôpitaux de Brabois, France) | Béatrice Demoré (Pharmacie, CHRU de Nancy - Hôpitaux de Brabois, Faculté de pharmacie de Nancy, France)

Présenté par: Jean Vigneron




Introduction

La pertinence de l’analyse pharmaceutique des prescriptions de chimiothérapies permet une optimisation  de la sécurité lors de la prise en charge des patients atteints de cancers. L’objectif est de réaliser un état des lieux de la validation pharmaceutique des prescriptions de chimiothérapies intraveineuses, analyser la conformité de ces prescriptions et envisager des perspectives d’amélioration, notamment la prise en compte des résultats biologiques, non consultés actuellement par le pharmacien dans notre hôpital.

Matériels et méthodes

Un bilan d’activité a été réalisé rétrospectivement sur un mois. Puis nous avons sélectionné les prescriptions de six des molécules cytotoxiques les plus utilisées en raison de leur adaptation nécessaire aux fonctions rénale et hépatique ou leurs potentielles interactions (méthotrexate, cisplatine, bléomycine, doxorubicine, étoposide, vincristine) et avons analysé leur conformité chez les adultes selon ces critères.

Résultats

Le nombre d’ordonnances validées était de 508 toutes molécules cytotoxiques confondues, dont 58% en hématologie et pour lesquelles huit réductions de doses ont été demandées par un pharmacien (trois concernaient la vincristine et deux l’étoposide). Au total, 61 patients ont reçu 171 administrations des six molécules sélectionnées. Les plus prescrites étaient la doxorubicine (29%,  n=50), la vincristine (26%,  n=45) et l’étoposide (25%,  n=43). Les taux de conformité des prescriptions de bléomycine (n=21), méthotrexate (n=8) et cisplatine (n=4), par rapport à la fonction rénale étaient de 100%. Deux doses d’étoposide administrées n’étaient pas adaptées au bilan rénal sur 43 administrations, soit 95% de conformité. L’adaptation à la fonction hépatique était conforme à 100% pour toutes les prescriptions de doxorubicine et vincristine. Les interactions médicamenteuses concernaient trois patients sur huit pour le méthotrexate (pénicillines, pantoprazole et BACTRIM®) et deux patients sur 32 pour la vincristine (paroxétine et alprazolam favorisant la rétention urinaire chez le sujet âgé). A noter que trois patients sur 16 ont reçu une dose diminuée d’étoposide du fait d’une hématotoxicité.

Discussion/Conclusion

Les taux de conformité des prescriptions sont excellents. Ce résultat peut s’expliquer en partie car la plupart d’entre elles ne nécessitaient pas d’adaptation, en raison d’un bilan biologique normal. Dans un premier temps, la fonction rénale et le bilan hématologique pourraient être vérifiés lors de la validation pharmaceutique des prescriptions d’étoposide. L’analyse des prescriptions de vincristine, très utilisée et très toxique, pourraient également intégrer le bilan biologique. Ce travail reste à poursuivre prospectivement en incluant d’autres cytotoxiques, comme le carboplatine ou l’ifosfamide, souvent associés à l’étoposide et nécessitant des adaptations posologiques fréquentes afin  d’optimiser la détection d’éventuels surdosages très délétères (toxicités neurologique, rénale ou vésicale). Un lien entre le logiciel de prescription des cytotoxiques et les autres logiciels de prescription permettrait de détecter plus facilement les interactions médicamenteuses. Un recueil exhaustif des interventions pharmaceutiques sera mis en place afin de valoriser l’activité du pharmacien.



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