Auteurs

Toullic Clémence* (Unité de reconstitution centralisée des cytotoxiques, Centre Oscar Lambret, 3 rue Fréderic Combemale, Lille, France) | Naveau Marie (Unité de reconstitution centralisée des cytotoxiques, Centre Oscar Lambret, 3 rue Fréderic Combemale, Lille, France) | Villain Alexandre (Unité de reconstitution centralisée des cytotoxiques, Centre Oscar Lambret, 3 rue Fréderic Combemale, Lille, France) | Delbey Stéphanie (Unité de reconstitution centralisée des cytotoxiques, Centre Oscar Lambret, 3 rue Fréderic Combemale, Lille, France) | Strobbe Geoffrey (Pharmacie à usage intérieur, Centre Oscar Lambret, 3 rue Fréderic Combemale, Lille, France) | Feutry Frédéric (Pharmacie à usage intérieur, Centre Oscar Lambret, 3 rue Fréderic Combemale, Lille, France) | Sakji Ilyes (Unité de reconstitution centralisée des cytotoxiques, Centre Oscar Lambret, 3 rue Fréderic Combemale, Lille, France) | Marliot Guillaume (Pharmacie à usage intérieur, Centre Oscar Lambret, 3 rue Fréderic Combemale, Lille, France)

Présenté par: Toullic Clémence




Introduction

Dans notre centre de lutte contre le cancer, l’analyse des prescriptions des cures de chimiothérapies sur le logiciel Chimio® représente une part conséquente de l’activité pharmaceutique. L’objectif de ce travail est de présenter le bilan des interventions pharmaceutiques (IP) réalisées sur l’année 2018.

Matériels et méthodes

Toutes les prescriptions, informatisées sur Chimio®, sont analysées et validées par un pharmacien ou un interne en pharmacie avant de passer en production (37000 préparations par an). Lorsqu’une erreur est détectée, une IP est émise et transmise au prescripteur par le biais d’un appel téléphonique systématique. Les IP sont ensuite enregistrées dans un tableur Excel® et détaillées selon les critères suivants : numéro d’IP, date, service, numéro d’identification permanent du patient (IPP), molécule, voie d’administration, problème rencontré, suivi de modification, et cotation selon l’échelle Cléo (déclinée en 3 impacts : clinique, économique et organisationnel). Cette échelle est issue de la Société Française de Pharmacie Clinique tout comme nos items « problèmes et interventions » issus des grilles Act’IP, adaptés à notre activité.

Résultats

Sur les 30480 analyses (une analyse par protocole) ayant été réalisées en 2018, 464 avaient été l’objet d’une IP soit 1.52%. Le taux d’acceptation était de 95% avec modification de la prescription. L’impact clinique était considéré comme majeur dans 56% des cas avec notamment des erreurs de doses (28%), des incohérences de poids/taille/surface corporelle (25%), des valeurs de la créatinine incohérentes relativement au dernier bilan biologique (16%), des traitements inadaptés comparativement au dossier patient (12%).
L’impact économique était quasiment inexistant dans la moitié des cas (48%), mais une réduction du coût était observée dans 38% et un surcoût dans 13%.
Au niveau organisationnel, l’impact était le plus souvent favorable (56%) ou sans conséquence (41%).
La plupart des IP (84%) étaient observées sur des prescriptions émanant de l’hôpital de jour (HDJ). Ceci était dû à l’organisation des chimiothérapies en ambulatoire en HDJ (70% des préparations) et au nombre conséquent d’internes dans ce service.

Discussion/Conclusion

L’analyse pharmaceutique aura permis d’éviter plus de 250 erreurs de prescription ayant des retentissements majeurs pour les patients. L’appel systématique du prescripteur permettait de statuer immédiatement sur la prescription. Le dossier patient informatisé permettait d’obtenir des informations essentielles notamment les résultats des dépistages en déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase obligatoires dans les initiations de cures à base de 5 fluorouracile. Cependant, un biais persiste selon le pharmacien quant à la cotation notamment de l’impact clinique. C’est pourquoi, les revues des IP vont être mises en place afin d’harmoniser au mieux ces cotations au sein de la pharmacie à usage intérieur.

 



E-Poster