Auteurs

Innocent Krasse* (Pharmacie,CHU de Treichville, Abidjan, Côte d’Ivoire) | Seraphin Syallou (Service de pédiatrie,unité d’Oncologie Pédiatrique, CHU de Treichville. Abidjan. Côte d’Ivoire) | Bertrand Pourroy (Pharmacie, Unité Oncopharma. CHU Timone. Marseille. France) | Marinette Courbard (Groupe Franco-Africain d'Oncologie Pédiatrique. Villejuif. France) | Line Couitchere (Service de pédiatrie,unité d’Oncologie Pédiatrique, CHU de Treichville, Abidjan, Côte d’Ivoire) | Magloire Amichia (Pharmacie,CHU de Treichville, Abidjan, Côte d’Ivoire)

Présenté par: Innocent Krasse




Introduction. Le CHU de Treichville est la seule structure publique accueillant les enfants atteints de cancer en Côte d’Ivoire. La disponibilité des anticancéreux et médicaments associés est critique. Lorsque les prescriptions de cytotoxiques et annexes sont rédigées, 3 sources d’approvisionnement sont possibles pour les parents : médicaments gratuits fournis via les dons du Groupe Franco-Africain d’Oncologie Pédiatrique (GFAOP) (livrés tous les 6 mois après évaluation des besoins par le corps médical), médicaments payants délivrés par la PUI du CHU et enfin médicaments payants disponibles en officine de ville. Sans informatisation, la principale difficulté est d’arriver à connaitre les quantités de médicaments prescrites réellement, la plupart des prescriptions échappant au contrôle de la PUI, afin de réaliser des demandes de dons les plus adaptés aux besoins réels des patients.

Matériels et méthodes. Afin d’évaluer les besoins, nous avons mis en place un système de recueil des prescriptions . Un téléphone mobile a été mis à disposition du coordonnateur de l’unité pour qu’il photographie l’ensemble des prescriptions réalisées dans l’unité entre mars 2018 et février 2019. Les données des fiches de prescriptions (date, médicament, quantités) ont été saisies rétrospectivement. Ces informations ont été comparées aux quantités disponibles sous forme de dons sur la période afin d’identifier les besoins non couverts.

Résultats.1237 photographies ont été obtenues dont 336 présentaient un anticancéreux ou médicament associé. Le nombre de prescriptions d’anticancéreux était stable les 6 premiers mois (37±18/mois) et diminuait les mois suivants (8±11/mois), sans diminution de l’activité du service. L’analyse comparative révèle que les besoins en au moins 20 médicaments n’ont pas été satisfaits par les dons. Ces besoins non satisfaits se répartissent comme suit : 14 médicaments avant l’arrivage du don GFAOP de juin 2018, 11 entre l’arrivage de juin et celui de décembre 2018 et 11 après l’arrivage de décembre 2018. Les médicaments concernés sont : Asparaginase, Carboplatine, Cisplatine, Dactinomycine, Daunorubicine, Doxorubicine, Filgrastim, Folinate de calcium, Ifosfamide, Mercaptopurine, Mesna, Méthotrexate comprimés, Méthotrexate injectable, Procarbazine, et Vincristine.

Discussion/Conclusion.Dans un contexte où les parents des malades sont majoritairement démunis, une rupture de stock de médicaments provenant de dons peut avoir des conséquences graves (discontinuité, interruption de traitement). Cette approche semble donc être un très bon outil de pilotage pour pouvoir réaliser des demandes de dons correspondant aux besoins réels des patients et met en évidence l’importance du rôle du pharmacien hospitalier dans la gestion de ces dons. Cependant, des périodes plus courtes de suivi seront sans doute plus pertinentes. Enfin, cette technique permettra de réaliser le même travail pour d’autres classes thérapeutiques.



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