Auteurs

Cotton Mathieu (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg, France) | Herrscher Hugo (Radiothérapie, Centre Paul Strauss, Strasbourg, France) | Bell Lucas (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg, France) | Kappel Catherine (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg, France) | Petit-jean Emilie (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg, France) | Prébay Danielle (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg, France) | Etienne-selloum Nelly (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg, France) | Noël Georges (Radiothérapie, Centre Paul Strauss, Strasbourg, France)

Présenté par: Mathieu Cotton




Le glioblastome est la tumeur cérébrale la plus fréquente et la plus agressive. Le traitement standard (protocole Stupp) comprend une phase de radio-chimiothérapie concomitante (RT-CT) à base de témozolomide durant 6 semaines suivie d’une phase adjuvante de 6 mois minimum. La principale toxicité du témozolomide d’ordre hématologique impose une surveillance hebdomadaire durant la phase RT-CT puis mensuelle à la phase adjuvante.

L’objectif est d’évaluer la tolérance hématologique au témozolomide dans la cadre du protocole Stupp. Il s’agit d’une étude rétrospective, monocentrique, descriptive sur une période de 3 ans. Les critères d’inclusion étaient un âge supérieur à 18 ans et le diagnostic d’un glioblastome traité selon le protocole Stupp. Les caractéristiques démographiques et cliniques des patients, les traitements entrepris, les données de survie et les résultats du suivi biologique ont été recueillis.

Nous avons inclus 134 patients avec un âge médian de 63 ans [24 ; 86]. La majorité (86.6%) présentait un score de performance OMS de 0 ou 1. Durant la phase RT-CT, une dose moyenne de 72,4mg/m2 a été délivrée, soit une dose-intensité relative moyenne de 96,5%. Seulement 53,6% des bilans biologiques étaient retrouvés durant cette phase et permettent d’identifier 13 cas de neutropénie (9,7%) et 7 cas de thrombopénie (5,2%) de grade 3-4. Lors de la phase adjuvante, seulement 79 patients (58,9%) ont reçu l’intégralité des 6 cycles prévus. 9 patients (6,7%) ont présenté une thrombopénie de grade 3-4 et 5 patients (3,7%) une neutropénie de grade 3-4. Sur l’ensemble du protocole Stupp, 6 patients ont présenté une pancytopénie aboutissant à une suspension systématique du témozolomide. Les incidences cumulées des hématotoxicités au cours du temps montrent une augmentation dès la 4ème semaine de traitement lors de la phase RT-CT et durant le 2ème cycle de témozolomide adjuvant. Il n’existe pas de différence significative en termes de survie sans progression entre les patients présentant une hématotoxicité de grade 0-2 et ceux présentant une hématotoxicité de grade 3-4 (p=0,48 ; IC 95% [0,59 ; 1,74] ; HR 1,02). Il n’existe pas non plus de différence significative en termes d’incidence de l’hématotoxicité du témozolomide en fonction des doses-intensité relative (<95% versus ≥ 95% de la dose théorique) ou en fonction de la spécialité pharmaceutique (princeps versus générique).

Dans cette étude, nous avons identifié des périodes à risque d’hématotoxicité pour lesquelles la surveillance était par ailleurs insuffisante et doit donc être renforcée. L’analyse des doses-intensité relatives témoigne du bon usage du témozolomide. Enfin, bien qu’il s’agisse d’un médicament à marge thérapeutique étroite, le changement de marché vers la spécialité générique n’a pas eu d’incidence en terme d’hématotoxicité.

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