Auteurs

Périmony Benoît (UPCO, CHU AMIENS Picardie) | Dujardin Adèle (UPCO, CHU AMIENS Picardie) | Hercheux Pierre (UPCO, CHU AMIENS Picardie) | Hautefeuille Vincent (Hépato Gastro Entérologie, CHU Amiens Picardie) | Perquin Mélanie (UMCA, CHU Amiens Picardie) | Chourbagi Christophe (UPCO, CHU AMIENS Picardie) | Votte Patrick (UPCO, CHU AMIENS Picardie)

Présenté par: Perimony Benoît




Introduction

L’oxaliplatine est une molécule de choix dans la prise en charge du cancer, notamment dans le cancer colorectal. Outre sa neurotoxicité, elle peut être à l’origine de manifestations allergiques (10 à 20%) qui peuvent compromettre la prise en charge.

Un protocole de désensibilisation a été mis en place dans notre établissement pour maintenir cette ligne thérapeutique. Il s’agit d’une induction temporaire d’un état de tolérance au traitement par la réintroduction graduelle d’une faible quantité d’antigène jusqu’à l’obtention de la dose totale. Le protocole d’induction de tolérance de notre établissement se réalise en 12 à 13 étapes avec augmentation par palier (doublement de la dose entre chaque palier avec pause de modulable quelques minutes). La première dose correspond à 1/10 000e de la dose totale nécessaire en oxaliplatine. L’injection est réalisée sous la surveillance d’un médecin réanimateur – allergologue.

L’objectif est d’effectuer un état des lieux de l’utilisation de ce protocole au sein de notre établissement, ainsi que d’en évaluer le bénéfice et l’efficacité.

Matériel et méthode :

Analyse rétrospective monocentrique sur les 3 dernières années (de 2016 à 2019) des patients ayant reçu au moins une induction de tolérance d’oxaliplatine. Extraction des données à partir du logiciel de chimiothérapie et du dossier patient informatisé.

Résultat :

Au total, 10 patients ont reçu au moins une induction de tolérance, 1 patient a été exclu de l’étude car perdu de vue. Sur les 9 patients restants (5 femmes ; 4 hommes, d’âge moyen de 58 ans), tous étaient suivis pour un cancer colorectal et traités par le protocole FOLFOX (12 cures) associé ou non à de la thérapie ciblée. La réaction initiale était toujours une allergie de type 1, confirmée par les tests cutanés (Prick Test et Intradermoréaction), qui apparaissait en moyenne à la 5e cure. Tous les patients ont bénéficié d’une prémédication par antihistaminique (20mg cétirizine) et corticoïde (120mg de methylprednisolone) lors des inductions de tolérance.

L’induction de tolérance a permis de réaliser 4.4 cures supplémentaires par patient [3 - 8 cures].

Au total 3/9 patients (soit 33,3%) ont reçu les 12 cures de Folfox initialement prévus ; 55,5 % des patients ont changé de ligne thérapeutique en moyenne après 7,4 cures de Folfox (2 progressions de la maladie, 1 refus de poursuivre ce protocole jugé trop lourd, 1 choc anaphylactique à la 3e induction pris en charge en réanimation avec une évolution favorable, 1 neurotoxicité) ; et 1 patient est décédé des suites de sa pathologie.

Discussion / Conclusion :

Ce mode de prise en charge permet de préserver la ligne thérapeutique à base d’oxaliplatine en situation de réaction allergique. Il est globalement bien toléré et a permis d’amener le tiers des patients à la fin du protocole thérapeutique.



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