Auteurs

Correard Florian* (PUI Timone, AP-HM, 13005 Marseille) | Gonzalez Megane (PUI Timone, AP-HM, 13005 Marseille) | Scognamiglio Claudia (PUI Timone, AP-HM, 13005 Marseille) | Di Mascio Thomas (Pharmacie à usage interieur, Hôpital Timone, AP-HM, 13005 Marseille) | Couderc Anne-laure (Médecine Interne Gériatrie thérapeutique, Hopital Sainte Marguerite, AP-HM, 13009 Marseille)

Présenté par: Correard Florian




  • Introduction
  • Aujourd’hui, le vieillissement de la population française est associé à une augmentation de l’incidence des cancers chez la personne âgée (PA) de plus de 75 ans. L’oncogériatrie vise à garantir par une approche pluridisciplinaire et multi-professionnelle, un traitement du cancer adapté à l’état de santé du patient âgé aux différentes étapes de sa maladie. La PA est souvent polymédiquée donc exposée à un risque de iatrogénie médicamenteuse important. De plus on estime aujourd’hui que 30 à 40% des patients ont recours à des thérapeutiques complémentaire et/ou alternatives (TCA), tel que la phytothérapie, l’homéopathie, l’aromathérapie. Ces TCA peuvent interagir avec les traitements des patients et/ou la chimiothérapie. Notre étude a pour objectif d’étudier la consommation de ces TCA chez les PA atteintes de cancer.
  • Matériels et méthodes
  • Il s’agit d’une étude prospective, monocentrique, en ouvert et actuellement en cours (ChimioAge®). Ce travail porte sur les patients inclus entre janvier 2017 et fin juillet 2018. Le questionnaire évalue le recours aux TCA des patients d’oncogériatrie. Dans ce questionnaire, nous abordons la consommation de tisanes, de compléments alimentaires à base de plantes, d’herbes chinoises, d’huiles essentielles par voie orale, de vitamines, oligo-éléments, de fleur de Bach, d’épices et d’aromates dans l’alimentation et les autres produits de médecine non conventionnelle ainsi que leur fréquence d’utilisation. Les catégories définies sont la phytothérapie ; l’homéopathie ; l’aromathérapie ; les compléments alimentaires et vitamines ; épices et aromates.
  • Résultats
  • 293 patients ont été inclus (Ration H/F = 1.2 ; âge moyen = 81 ± 6 ans). Seules les données de 261 ont pu être analysées. Quatre-vingt-six pourcent des patients consomment un produit de TCA. Nous observons que 75,9% de la population consomme des épices et/ou aromates. Les épices les plus fréquemment consommées sont celle à bases de curcumine. Cela présente un réel risque iatrogène de par leurs actions sur les cytochromes P450. La deuxième catégorie la plus utilisée par ces patients est la phytothérapie (47,5%). Les 3 plantes principalement consommées par ces patients sont : la verveine, le thé, le tilleul ( respectivement 34,7%, 33,1%, 17,7%). Les compléments alimentaires sont utilisés par 20,7% de la population. Nous pouvons noter l’utilisation de pro ou prébiotiques chez des patients porteurs d’une chambre implantable. L’aromathérapie, l’homéopathie sont très peu employées par les PA atteinte de cancer (1,5%, 4,2% respectivement).
  • Discussion/Conclusion
  • Dans ce travail, nous nous sommes intéressées à la consommation d’épices dans l’alimentation de nos patients généralement peu ou pas prise en compte dans la littérature. La consommation quotidienne de certaines épices peut induire un risque iatrogène similaire à celui des compléments alimentaires. Les recommandations sur les bilans partagés de médication préconisent d’inclure les TCA dans l’analyse pharmaceutique afin de réduire le risque iatrogène.


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