Auteurs

Kappel Catherine (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg) | Tritschberger Aline (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg) | Maksuti Mathilde (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg) | Weick Claire-clémence (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg) | Mathias Marine (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg) | Prébay Danielle (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg) | Petit-jean Emilie* (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg)

Présenté par: Petit-jean Emilie




  • Introduction :

La prévalence du diabète au moment du diagnostic de cancer est de 8 à 18% (Barone BB et al. 2008). Les études montrent une surmortalité des patients diabétiques par tumeurs malignes (21% pour les hommes, 26% pour les femmes). Les patients diabétiques traités pour leur cancer sont à haut risque de décompensation et de nombreux facteurs associés à la chimiothérapie peuvent perturber l’équilibre glycémique (corticoïdes, nutrition artificielle, certaines chimiothérapies hyperglycémiantes, troubles digestifs,etc). Pourtant peu d’études ont évalué l’impact de la chimiothérapie sur la survenue de complications du diabète et vice-versa. L’objectif de notre étude est d’évaluer l’impact du diabète sur la stratégie thérapeutique anticancéreuse.

  • Matériel et méthode :

Pour évaluer l’impact du diabète sur la survenue des complications (aggravation de la fonction rénale, aggravation ou apparition d’une neuropathie, décompensation cardio-vasculaire), une analyse rétrospective cas/témoin a été réalisée. A partir des 130 patients diabétiques ayant bénéficié d’une chimiothérapie entre mars 2018 et septembre 2018, 30 dossiers ont été tirés au sort. Cette population a été comparée à une cohorte appariée selon le sexe, l'âge et le protocole de chimiothérapie. Une analyse univariée a été réalisée pour comparer les 2 populations. Le seuil de significativité a été fixé à α = 0,05.

  • Résultats :

Les deux groupes étaient comparables du point de vue de l’âge et du sex-ratio. Il y avait dans la population témoin plus de cas de cancer avancé ou métastatique (p=0,025). Le statut OMS était significativement meilleur dans la population témoin (p=0,034). Le diabète ne majore pas le risque de survenue d’une neurotoxicité, d’une néphrotoxicité ou d’une cardiotoxicité. L’étude montre cependant une majoration de l’aggravation des neuropathies chez les patients ayant une neuropathie diabétique à l’initiation du protocole de chimiothérapie (p=0,05). Il existe également une association significative entre la néphropathie diabétique et le risque d’aggravation de la fonction rénale pendant la chimiothérapie (p=0,003). Les patients diabétiques ayant des complications macro-vasculaires à l’initiation du traitement ont un risque aggravé d’altération de la fonction cardiovasculaire au cours du suivi (p=0,018). La dose-intensité relative reçue n’est également pas statistiquement différente entre les 2 populations. L’analyse des données montre que la dose-intensité moyenne dans la population ayant eu un déséquilibre du diabète était de 71% tandis qu’elle était de 89.5% dans la population n’en ayant pas eu. Cette différence n’est pas significative (p = 0,06).

  • Conclusion :

Notre étude ne montre pas un risque majoré de complications du diabète d’un patient bénéficiant d’une chimiothérapie. Les complications chroniques de cette maladie doivent être toutefois prises en compte et les déséquilibres détectés car ils impactent la prise en charge.



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