Auteurs

Tracol Marie (PUI, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Herledan Chloé (PUI, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Baudouin Amandine (PUI, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Garreau Romain (PUI, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Poletto Nicolas (PUI, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Parat Stéphanie (PUI, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Ranchon Florence (PUI, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Rioufol Catherine (PUI, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon)

Présenté par: Herledan Chloé




Introduction

La conciliation des traitements médicamenteux (CTM) vise à prévenir ou corriger les erreurs médicamenteuses aux points de transition du parcours de soins (admission, transferts, sortie). Son développement est primordial pour les patients âgés atteints de cancer, particulièrement à risque d’iatrogénie médicamenteuse. Si la CTM à l’entrée (CTM-E) est largement répandue en France, la CTM à la sortie d’hospitalisation (CTM-S) reste peu développée. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’intérêt d’associer une CTM-E et une CTM-S.

 

Méthode

Une étude prospective a été menée du 25/01/2019 au 01/07/2019 dans 4 services d’hématologie, oncologie, pneumologie et gériatrie d’un centre hospitalier universitaire. Pour chaque patient âgé d’au moins 75 ans, atteint de cancer et hospitalisé au minimum 48h, un pharmacien réalisait une CTM-E et une CTM-S associées à une analyse d’ordonnance. A l’entrée, le bilan médicamenteux optimisé (BMO) utilisant 3 sources minimum (dont un entretien avec le patient et un appel au pharmacien d’officine) était analysé et comparé à la prescription hospitalière d’entrée afin d’identifier des divergences ou autres problèmes médicamenteux. Les divergences caractérisées par le prescripteur comme non intentionnelles correspondaient à des erreurs. A la sortie, le BMO était comparé à l’ordonnance de sortie pour correction des erreurs . Un récapitulatif des modifications de traitement était transmis au pharmacien d’officine et au médecin traitant.

 

Résultats

Les CTM-E et CTM-S ont été réalisées chez 31 patients âgés de 80,6 ± 4,7 ans en moyenne. Le nombre moyen de médicaments par patient était de 11,9 ± 6,6 à l’entrée et de 12,8 ± 5,8 à la sortie. Trente-quatre et dix-sept EM ont été respectivement identifiées chez 51,6% et 41,9% des patients lors  des CTM-E et CTM-S, réparties en 56% et 76% d’arrêts, 24% et 18% de modifications, 15% et 6% de poursuites et 6% et 0% de substitutions inappropriées. Ces EM concernaient principalement des médicaments cardiovasculaires (20%), anticancéreux (12%), vitamines et oligo-éléments (12%), inhalés (10%), anti-ulcéreux (10%), collyres (8%) ou psychotropes (8%).

Douze et neuf interventions pharmaceutiques (IP) supplémentaires ont été respectivement réalisées chez 25,8% et 19,4% des patients lors de la CTM-E et CTM-S, réparties en 58% et 33% d’adaptations posologiques à l’âge ou la fonction rénale, 25% et 33% d’arrêts de médicaments inappropriés, 17% et 11% de substitutions pour interactions médicamenteuses et 0% et 11% d’optimisations du suivi thérapeutique.

Au total, 65% et 35% des patients ont respectivement fait l’objet d’au moins une EM ou IP, dont 79% ont été acceptées.

Conclusion

A l’entrée comme à la sortie, la CTM permet d’identifier et corriger des EM et problèmes médicamenteux et a ainsi toute sa place dans le parcours de soins du patient âgé atteint de cancer. La CTM-S, levier d’amélioration du lien ville-hôpital, doit être davantage développée et s’inscrire dans la prise en charge habituelle en cancérologie.

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