Auteurs

Prely Hortense (PUI, Unité de Pharmacie Clinique Oncologique, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Baudouin Amandine (PUI, Unité de Pharmacie Clinique Oncologique, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Caffin-ruiz Anne Gaelle (PUI, Unité de Pharmacie Clinique Oncologique, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Larbre Virginie (PUI, Unité de Pharmacie Clinique Oncologique, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Ranchon Florence* (PUI, Unité de Pharmacie Clinique Oncologique, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon) | Rioufol Catherine (PUI, Unité de Pharmacie Clinique Oncologique, Groupement Hospitalier Sud, Hospices Civils de Lyon)

Présenté par: Ranchon Florence




Introduction

Les patients traités par anticancéreux oraux sont souvent polymédiqués. Un bilan médicamenteux exhaustif ainsi que son analyse pharmaco-thérapeutique à la recherche notamment d’interactions médicamenteuses sont essentiels pour réduire le risque iatrogène associé. L’objectif de cette étude est de comparer les interactions médicamenteuses issues de deux bases de données médicamenteuses fréquemment utilisées pour l’analyse d’ordonnance en France.

 

Matériel et méthodes

La consommation médicamenteuse des patients sous anticancéreux oraux du suivi ONCORAL aux Hospices Civils de Lyon, est recueillie de manière prospective au cours d’entretiens pharmaceutiques. L’ensemble des traitements consommés par 100 premiers patients arrivés au terme du suivi a été analysé et comparé grâce aux bases de données Thériaque et Drugs.

 

Résultats

Au total, 100 patients ont été inclus (ratio H/F=0.96) avec une moyenne d’âge de 65 ± 4,2 ans. 77 patients sont polymédiqués (≥ 5 médicaments par jour), dont 22 patients (28,5%)  prennent plus de 10 médicaments par jour. La consommation moyenne est de 7,5 médicaments [1-24], sans compter les traitements symptomatiques en « si besoin ».  50% des patients sont suivis pour une hémopathie maligne (24%  myélome multiple, 15%  LLC), 50% le sont pour une tumeur solide (15% cancer du sein, 13% mélanome). 1153 interactions ont été relevées dont 180 (15,6%) sont communes aux deux bases de données. 733 (63,6%) sont détectées  dans Thériaque, pour  600 (52,0%) dans  Drugs soit respectivement au moins 1 interaction détectée pour 80% des patients à l’aide de Thériaque et pour 85% des patients à l’aide de Drugs. 22 médicaments ne sont pas référencés sur la base Drugs, alors qu’ils existent dans Thériaque et qu’ils sont à l’origine de 383 interactions. 186 (16,1%) interactions impliquent directement l’anticancéreux oral  : la base de données Drugs en recense 116 (62,4%) et Thériaque 95 (51,1%), dont 25 (13,4%) sont communes aux deux bases. Les interactions sont principalement d’ordre pharmacocinétique (n=378, 51,6%) sur la base Thériaque contrairement à la base Drugs qui rapporte  davantage d’interactions pharmacodynamiques (n=420, 70,0%). Les interactions d’ordre pharmacocinétique retrouvées dans la base Thériaque  (n=378, 51,6%) concernent majoritairement la phase d’absorption (n=367, 97,1%), tandis que celles présentes dans Drugs (n=161, 26.8%) sont principalement relatives au métabolisme (n=95, 59%). Sur les 180 interactions communes aux deux bases, 95 (52,7%) sont considérées « à prendre en compte», plus faible niveau d’interaction dans Thériaque, parmi lesquelles  56 (58,9%) sont jugées «  Major » dans la base Drugs. Pour 9 patients, aucune interaction n’a été détectée.

Conclusion

Les interactions médicamenteuses chez les patients sous anticancéreux oraux sont nombreuses et  peuvent différer selon les bases de données  aussi bien par la nature que par le degré d’interaction. Ainsi, il semble pertinent d’utiliser conjointement ces deux bases de données afin de réaliser une analyse pharmaceutique exhaustive.

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