Auteurs

Ruppert Lauriane* (Pharmacie, Centre Hospitalier Public du Cotentin, Cherbourg, France) | Daucé Lucile (Pharmacie, Centre Hospitalier Public du Cotentin, Cherbourg, France) | Kaluzinski Laure (Oncologie, Centre Hospitalier Public du Cotentin, Cherbourg, France) | Descampeaux Christine (Pharmacie, Centre Hospitalier Public du Cotentin, Cherbourg, France) | Bannié Florence (Pharmacie, Centre Hospitalier Public du Cotentin, Cherbourg, France)

Présenté par: Ruppert Lauriane




  • Introduction

Le développement de l’immunothérapie donne lieu à l’émergence de nouvelles drogues : en particulier des anticorps monoclonaux anti-PDL1 qui agissent sur les tumeurs par stimulation des défenses immunitaires entrainant la réactivation des mécanismes auto-immuns dont l’inflammation. Il existe une spécificité de prise en charge des effets indésirables (EI) des immunothérapies par rapport aux chimiothérapies classiques. Dans le cadre de notre activité de pharmacie clinique et dans l’objectif d’optimisation des pratiques, nous nous interrogeons sur la qualité de la prise en charge des EI chez ces patients.

  • Matériels et méthodes

Cette étude a été menée sur l’année 2018, et concernait les patients traités par immunothérapie : nivolumab ou pembrolizumab, en hôpital de jour au Centre Hospitalier Public du Cotentin. Le recueil de données a été effectué grâce au logiciel Chimio®, et au Dossier Patient Informatisé via la synthèse dans Crossway®.

  • Résultats

36 patients ont reçu du nivolumab (âge moyen 66 ans, sex-ratio H/F 1,57) et 11 patients du pembrolizumab (âge moyen 70 ans, sex-ratio H/F 2,67). La fiche d’information a été tracée comme remise au patient dans 22% des cas concernant le nivolumab et 36% des cas pour le pembrolizumab. 319 EI ont été recensés sous nivolumab (89% décrits dans le Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) et donc attendus) et 53 sous pembrolizumab (91% décrits dans le RCP). 1 EI a fait l’objet d’une déclaration de pharmacovigilance. 24 avis spécialisés ou consultations ont été demandés pour les patients traités par nivolumab, 10 pour ceux traités par pembrolizumab. 22 EI sous nivolumab ont donné lieu à un passage aux urgences, versus 3 sous pembrolizumab.

  • Discussion/Conclusion

La remise du document d’information sur les EI n’est pas tracée exhaustivement dans le dossier patient. Les EI sont attendus (décrits dans le RCP), mais du fait des comorbidités et des symptômes liés au cancer, l’imputabilité de l’immunothérapie n’est pas toujours certaine (11% pour le nivolumab, 9% pour le pembrolizumab).

Les EI sont correctement pris en charge par les oncologues, conformément au RCP : suspension/arrêt de l’immunothérapie, corticothérapie, pas d’antibiothérapie à large spectre, demande d’avis spécialisés voire de consultations. La prise en charge est globalisée mais des actions sont à instaurer aux urgences.

Afin d’améliorer nos pratiques, nous envisageons d’une part de remettre une plaquette d’information avec la première préparation d’immunothérapie, d’inclure ces patients à nos entretiens pharmaceutiques, puis de former les professionnels : de l’établissement, en réalisant un staff informatif pour les urgentistes, mais également d’activité libérale (médecins, infirmiers, pharmaciens d’officine) dans le cadre du réseau ville-hôpital, via des comptes-rendus et plaquettes d’information.

Enfin, nous allons intégrer dans la fiche patient de notre logiciel de validation, la notion d’immunothérapie (issue de Chimio®), afin de pouvoir en informer le prescripteur non-oncologue et d’être plus réactifs dans nos échanges avec lui en cas d’EI.



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