Auteurs

Clautrier Simon (Service Pharmacie, Centre Jean Perrin, Clermont-Ferrand, France) | Amar Anaïs (Service Pharmacie, Centre Jean Perrin, Clermont-Ferrand, France) | Giovanelli Morgane (Service Pharmacie, Centre Jean Perrin, Clermont-Ferrand, France) | Chevrier Régine* (Service Pharmacie, Centre Jean Perrin, Clermont-Ferrand, France)

Présenté par: Chevrier Régine




Contexte : Face à l’augmentation croissante du nombre de prescriptions de thérapies orales anti-cancéreuses (TOA), il existe un risque iatrogène non négligeable pour le patient en ambulatoire. Progressivement, les pharmaciens hospitaliers ont été sollicités pour pallier ce risque en analysant les interactions médicamenteuses (IM). Cependant, au départ, seules les données du dossier patient informatisé (DPI) de l’hôpital étaient disponibles. Cette analyse s’avérait donc parfois complexe face au manque d’informations retrouvées.

De ce fait, des consultations pharmaceutiques pour les patients mis sous TOA se sont développées dans notre établissement. Leur but est de s’entretenir avec le patient sur les modalités de prise et les effets indésirables du traitement, mais également sur ses traitements habituels, l’automédication, la phytothérapie, les compléments alimentaires ou encore ses habitudes alimentaires.

Ainsi, nous avons souhaité comparer le taux de détection des IM chez les patients sous TOA entre l’analyse des informations disponibles dans le DPI et celles obtenues pendant la consultation pharmaceutique.

 

Matériels et méthodes : Il s’agit d’une étude prospective sur 4 mois (mai à août 2019) incluant cinquante patients vus en consultation pharmaceutique pour initiation d’une TAO. Pour chaque patient, deux méthodes d’analyse ont été comparées : détection des IM à partir du DPI (méthode DPI) et détection des IM après entretien pharmaceutique (méthode EP).

Pour chaque inclusion et pour chacune des méthodes (DPI et EP), nous avons comptabilisé :

- le nombre de thérapeutiques recensées, toutes confondues (médicaments, phytothérapie, compléments alimentaires…)

- le nombre d’interactions détectées avec la TOA

Les résultats finaux feront l’objet d’un test de comparaison de moyenne avec un risque α=5% pour évaluer s’il existe une plus-value de la consultation pharmaceutique par rapport aux seules données du DPI.

 

Résultats : En juillet 2019, 30 patients ont été inclus permettant de présenter des résultats intermédiaires. Avec la méthode DPI, le nombre moyen de thérapeutiques comptabilisées par patient est de 6,03 ± 4,31 contre 11,20 ± 5,15 pour la méthode EP. Concernant le nombre moyen d’interactions détectées par patient : il est respectivement de 1,41 ± 1,52 pour la méthode DPI contre 2,66 ± 1,36 pour la méthode EP.

Parallèlement, de nombreuses interactions avec l’alimentation ont pu être décelées lors des consultations : cela ajoute en moyenne 1,00 ± 1,73 interactions par patient, impossibles à détecter avec la méthode DPI.

 

Discussion/Conclusion : Les résultats intermédiaires montrent que le nombre moyen d’interactions détectées avec la méthode EP semble supérieur à la méthode DPI. En effet l’automédication n’est décelable qu’après entretien avec le patient et non via le DPI.

Enfin, la discussion avec le patient révèle ses habitudes alimentaires, ce qui permet de déceler les aliments pouvant contribuer à une fluctuation d’efficacité de la TOA.

La consultation pharmaceutique semble donc apparaître comme incontournable pour sécuriser la prise en charge des patients sous TOA.



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