Auteurs

Gaucher Louis* (Service de Pharmacie, Centre Hospitalier Intercommunal Compiègne Noyon) | Philipot Marie-gabrielle (Service de Pharmacie, Centre Hospitalier Intercommunal Compiègne Noyon) | Dagrenat Isabelle (Service de Pharmacie, Centre Hospitalier Intercommunal Compiègne Noyon) | Richez Ophélie (Service de Pharmacie, Centre Hospitalier Intercommunal Compiègne Noyon) | Boisgontier Melissa (Service de Pharmacie, Centre Hospitalier Intercommunal Compiègne Noyon)

Présenté par: Gaucher Louis




Introduction :

Les traitements par immunothérapie ont profondément modifié la prise en charge des Cancers Bronchiques Non à Petite Cellule (CBNPC) et présentent un très bon profil de tolérance. Des effets indésirables de nature immunologique surviennent toutefois chez certains patients, avec une gravité variable.

Matériels et méthodes :

Nous rapportons un cas grave de pharmacovigilance survenu chez un patient sous Pembrolizumab. Les sources d’information comprennent le dossier patient et les éléments du Centre Régional de Pharmacovigilance.

Résultats :

Monsieur F., 77 ans, est hospitalisé en pneumologie pour un bilan de nodules pulmonaires. Ses antécédents médicaux sont une hypertension artérielle, une artériopathie oblitérante des membres inférieurs gauche avec pose d’un stent ainsi qu’un tabagisme (15 Paquets Année) sevré depuis un an. La biopsie pulmonaire montre un adénocarcinome pulmonaire avec surexpression de PDL1 (>50%). Une immunothérapie par Pembrolizumab est proposée en 1ère ligne en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP). Aucun effet indésirable n’est observé au cours de l’administration de la 1ère cure de Pembrolizumab. A J+5, un déficit moteur des membres inférieurs d’aggravation progressive est responsable de chutes à répétition, nécessitant l’hospitalisation du patient. Après avis immunotoxicologique, en l’absence d’autre étiologie, une myosite d’origine iatrogène est suspectée. La prise en charge de la myosite en service de pneumologie comprend un traitement par corticoïdes à 1mg/kg/jour et la recherche d’une atteinte myocardique. Il est retrouvé biologiquement une myoglobinémie à 2310µg/L (normale <90µg/L) et une troponinémie à 3771 ng/L (<14µg/L). Il n’est pas mis en évidence de troubles de la conduction, de sus ou sous décalage ST. La RCP immunotoxicologique de l’Institut Gustave Roussy contre-indique le Pembrolizumab pouvant être responsable de l’atteinte cardiaque (fréquence rare ou exceptionnelle). Une prise en charge en soins intensifs est recommandée, avec un traitement par corticothérapie à 2mg/kg/jour associé à l’administration d’immunoglobulines polyvalentes Intraveineuses à 2 g/kg sur 5 jours. Le patient est transféré en réanimation puis en soins intensifs cardiologiques du centre hospitalier de la Pitié Salpêtrière. Une déclaration au Centre Régional de Pharmacovigilance a permis d’établir l’imputabilité intrinsèque comme plausible (C2 S2) et extrinsèque notoire (B3) du pembrolizumab selon la méthode Bégaud.

Conclusion :

Le parcours de soins de ce patient a nécessité l’intervention de quatre services, ce qui traduit l’obligation d’une prise en charge pluridisciplinaire et plus seulement oncologique. L’essor des immunothérapies a permis de nouvelles modalités de traitement en oncologie. Il est primordial, lors de l’instauration du traitement, de prendre en compte : le mode d’action de ces thérapeutiques qui présentent un profil de tolérance très différent de celui des chimiothérapies cytotoxiques, mais également les comorbidités de nature immunologique des patients. Afin de limiter le risque iatrogène chez ces patients prédisposés à des complications.

 



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