Auteurs

Roy Camille (Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, Oncopharma, Hôpital Nord, Marseille) | Payan Sandrine (Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, Oncopharma, Hôpital Nord, Marseille) | Levet Guillaume (Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, Oncopharma, Hôpital Nord, Marseille) | Baciuchka Marjorie (Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, Service d’Oncologie Multidisciplinaire et Innovations Thérapeutiques, Hôpital Nord, Marseille) | Montana Marc (Aix-Marseille Université, CNRS, ICR, Laboratoire de PharmacoChimie Radicalaire, Marseille - Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, Oncopharma, Hôpital Nord, Marseille) | Ausias Nathalie (Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, Oncopharma, Hôpital Nord, Marseille)

Présenté par: Roy Camille




Introduction

Les autorités ont constaté une hausse des effets indésirables liés à l’utilisation des taxanes chez les femmes traitées pour cancer du sein entre 2015 et 2016. Depuis 2017, la recherche au cours d’un bilan de médication d’interactions médicamenteuses et non médicamenteuses susceptibles d’augmenter l’exposition aux taxanes et de potentialiser leur toxicité est recommandée avant toute nouvelle prescription.

L’objectif de ce travail est d’analyser les bilans de médication effectués de 2018 à aujourd’hui chez les patient(e)s traité(e)s par docétaxel et paclitaxel et plus particulièrement chez ceux consommant des épices alimentaires. Une analyse en fonction de l’âge a également été réalisée.

Matériel et méthodes

Etude rétrospective des comptes rendus des bilans de médication des patient(e)s traité(e)s par taxanes du 01/01/2018 au 12/06/2019 au sein de l’Hôpital de Jour. La consultation réalisée lors d’une visite s’appuie sur un questionnaire constitué de 8 items relatifs aux habitudes alimentaires, compléments alimentaires et médecines alternatives (aromathérapie, phytothérapie, homéopathie).

Matériel : logiciel  CHIMIO® (ciblage des patients), Axigate® (dossier patient informatisé), Thériaque® (base de données médicaments et phytothérapie), Affiche “Plantes et Chimiothérapies”.1 Afin d’évaluer l’influence de l’âge sur la consommation d’épices, les patients qui en consomment régulièrement ont été stratifiés en deux groupes en fonction de leur âge (≤50 ans et >50 ans).

Résultats

50 patient(e)s (49 femmes et 1 homme) d’âge médian 56 ans ont été inclus. 66% des patient(e)s traité(e)s par taxanes consomment régulièrement des épices pouvant interagir avec le traitement. Parmi eux, 85% sont consommateurs d’ail (inhibiteur du CYP 3A5 et possiblement du CYP 3A4, enzymes des voies métaboliques des taxanes) et 67% sont consommateurs de curcuma (inhibiteurs des CYP 3A4, 3A5 et probablement du CYP 2C8, principale voie métabolique du paclitaxel). Chez les patient(e)s âgé(e)s de moins de 50 ans, 100% d’entre eux consomment de l’ail et 64% du curcuma, contre 84% et 68% respectivement chez les patient(e)s âgé(e)s de plus de 50 ans, sans différence statistiquement significative entre les deux groupes (p=0.54). Lorsque les interactions ail/curcuma et taxanes sont détectées, en raison d’études contradictoires sur les conséquences de ces interactions, il est conseillé d’éviter leur consommation au minimum 2 jours avant et jusqu’à 3 à 7 jours après l’administration du traitement selon le taxane utilisé, correspondant à 7 demi-vies d’élimination du médicament et ce afin de diminuer le risque de survenue d’effets indésirables.

Conclusion

Le bilan de médication présente un réel intérêt compte tenu du nombre important de patient(e)s dont les habitudes alimentaires sont susceptibles d’augmenter les effets indésirables liés à leur chimiothérapie. Cependant les études sur lesquelles sont basées nos données sont encore peu nombreuses, parfois contradictoires et l’extension de ces bilans pharmaceutiques à d’autres molécules serait nécessaire.

 

1.B.Pourroy and al. European Journal of Cancer Care. 2017

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