Auteurs

De Jorna Romain* (Centre Hospitalier Alpes-Léman, Service Pharmacie, Contamine-Sur-Arve) | Viault Loriane (Centre Hospitalier Alpes-Léman, Service Pharmacie, Contamine-Sur-Arve) | Maquin Geoffroy (Centre Hospitalier Alpes-Léman, Service Pharmacie, Contamine-Sur-Arve) | Roch-torreilles Isabelle (Centre Hospitalier Alpes-Léman, Service Pharmacie, Contamine-Sur-Arve) | Quintard Adeline (Centre Hospitalier Alpes-Léman, Service Pharmacie, Contamine-Sur-Arve)

Présenté par: De Jorna Romain




Les CAR-T cells requièrent un parcours de soins spécifique, complexe et pluridisciplinaire. Depuis la première patiente, des consultations pharmaceutiques (CP) dédiées aux patients éligibles aux CAR-T cells ont été mises en place  et ont intégré leur parcours de soin. Le patient rencontre ainsi successivement son hématologue référent, un neurologue, un réanimateur, un infirmier référent et un binôme de pharmaciens lors d’une journée d’information.

Quel est l’impact de cette CP dans le parcours du patient éligible aux CAR-T cells ?

Durant la CP deux internes en pharmacie réalisent un bilan de médication (BM, basé sur le dossier informatisé et les données recueillies auprès du patient et de son officine) ainsi qu’une auto-évaluation avant/après de ses connaissances et de son anxiété (échelle visuelle analogique). Par ailleurs, des informations sur les CAR-T cells sont dispensées grâce à un jeu de 6 cartes pédagogiques dédiées et sélectionnées par le patient. Du 1er janvier au 1er juillet 2019, une cohorte de 20 patients était éligible aux CAR-T cells : 13 ont bénéficié du BM uniquement et 11 de la CP dans son intégralité. Les CP de ces 11 patients ont été étudiées et analysées sur des caractères démographiques, de connaissances, d’anxiété et sur la sélection des cartes.

Les patients (ratio homme/femme = 9/2) avaient une moyenne d’âge de 60,4±9,7 ans. Ils étaient tous atteints d’un lymphome B diffus à grandes cellules en rechute ou réfractaires après 3,9 [2-8] lignes de traitements. Les BM retrouvaient 7,0±4,0 traitements prescrits et observés. Le gain de connaissances pour toutes les catégories socio-professionnelles était de 1,4 points sur 10. La catégorie des patients « sans profession » a obtenu le gain de connaissances maximal avec une moyenne de 3,5 points sur 10. Ces derniers ainsi que les « cadres et professions intellectuelles supérieures » présentaient une augmentation de l’anxiété avant/après de 0,5 point sur 10. Cependant, aucune évolution de l’anxiété n’a été relevée sur la cohorte. Les patients sélectionnaient en moyenne 4,2±1,8 cartes avec « Pourquoi dois-je effectuer des chimiothérapies ? » pour 91% des patients, « Comment se passe l’administration ? », 82% et « Quelles sont les complications des CAR-T cells ? », 73%.                                                      

Les médicaments retrouvés lors du bilan de médication sont majoritairement des traitements annexes aux chimiothérapies. L’intérêt de la CP est affirmé suite à l’augmentation des connaissances des patients. L’élévation de l’anxiété dans 2 sous-groupes semble être corrélée à une augmentation plus importante des connaissances. Les 3 cartes les plus abordées laissent penser que les informations dispensées par les autres professionnels sont centrées sur le CAR-T cells. La CP permet au patient tout en le positionnant en réel acteur de sa prise en charge en lui apportant une complémentarité dans son parcours de soins.



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