Auteurs

Mathias Marine (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg) | Aline Tritschberger (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg) | Exinger Delphine (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg) | Prébay Danielle (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg) | Petit-jean Emilie (Pharmacie, Centre Paul Strauss, Strasbourg)

Présenté par: Petit-jean Emilie




  • Introduction :

Les prescriptions médicamenteuses inappropriées (PMI) chez la personne âgée (PA) représentent environ 1/3 des prescriptions (Tommelein et al. 2015). Elles génèrent un risque d’évènements indésirables (EI) et d’hospitalisation pour les PA (5 à 25% des admissions hospitalières), impactant leur qualité de vie et générant un cout financier pour la société (Monégat et al. 2014). En oncologie, ce risque est augmenté. La prise en compte de la totalité des traitements du patient est primordiale pour maitriser ce risque. L’objectif de notre étude est d’évaluer l’impact des facteurs de risques médicamenteux sur la survenue des évènements indésirables chez la PA suivi en oncologie.

  • Matériel et méthode :

Il s’agit d’une analyse rétrospective de patients âgés (≥70 ans, ou ≥65 ans avec ≥1 comorbidité) hospitalisés dans une unité conventionnelle de semaine. 25/184 patients admissibles étaient tirés au sort. A été évalué l’impact de i) la conformité des prescriptions des protocoles de chimiothérapies (selon les recommandations nationales) ii) la conformité des prescriptions (identification des PMI grâce à l’outil STOPP et des interactions médicamenteuses (IM) déconseillées ou contre-indiquées grâce aux bases de données Theriaque.org et Drugs.com) sur la survenue des évènements indésirables et des dose-intensités (DI) reçues.

  • Résultats :

Sur l’ensemble des traitements, 351 IM ont été détectées. Les anticancéreux font partie des classes médicamenteuses les plus concernées (15% des IM). 23/25 patients présentaient ≥1 PMI, avec en moyenne 2 prescriptions non-conformes par patient. Dans cette cohorte, 22/25 patients ont reçu une chimiothérapie et pour 4 patients identifiés « fragiles », leur prescription était discutable. Parmi les 2 patients avec une toxicité ayant abouti à l’arrêt définitif du protocole, 1 prescription était non conforme. 14/22 patients ont reçu une DI < à 85%. La DI reçue est significativement plus faible chez les patients dont le protocole n’est pas conforme (55.5% vs 82.6% ; p=0.004). 56 EI en lien avec la chimiothérapie ont été relevés, et concernaient 86% des patients. Un EI a nécessité une hospitalisation (transfusion suite à une anémie). Les facteurs de risque médicamenteux de survenue d’EI étaient présents pour 29 des EI apparus (52% des EI, 18% des patients).

  • Discussion/Conclusion :

Cette étude montre un taux élevé PMI/IM. L’impact des facteurs sur la survenue des EI est important. Dans notre établissement la mise en place de la conciliation médicamenteuse à l’entrée et la sortie des patients hospitalisés facilite la mise en place d’un suivi pharmaceutique spécifique chez la PA. L’optimisation des traitements passera par une évaluation de la pertinence de la prescription d’une chimiothérapie, une révision complète des ordonnances et la mise en place d’un suivi approprié pour chaque patient. Une attention particulière sera apportée aux classes et PMI les plus fréquemment rencontrées (anticancéreux, médicaments du SNC, antihypertenseurs, redondances, indications IPP).



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