Auteurs

Bourquard Marie-anne* (Service Pharmacie, Hôpital Avicenne, Bobigny, France) | Nguyen Jacqueline (Service Pharmacie, Hôpital Avicenne, Bobigny, France) | Apparuit Maxime (Service Pharmacie, Hôpital Avicenne, Bobigny, France) | Jacolot Anne (Service Pharmacie, Hôpital Avicenne, Bobigny, France) | Rigal Marthe (Service Pharmacie, Hôpital Avicenne, Bobigny, France)

Présenté par: Bourquard Marie-anne




Introduction:

Notre unité de préparation des anti-cancéreux (UPC) prépare environ 21000 préparations par an avec une activité d’oncologie/hématologie pour des services d’hospitalisations complètes (HC) et de jour (HDJ). Afin d’optimiser les circuits, la préparation est anticipée à J-1 de la chimiothérapie après OK chimio médical. Les poches non administrées (NA) sont détruites ou réattribuées sous réserve de stabilité et à doses équivalentes. L’objectif est d’évaluer sur 5 ans la quantité et le coût des poches NA afin de mesurer l’impact économique de ces déprogrammations.

Matériels et méthodes:

Les données utilisées sont extraites du fichier de suivi des non-conformités interne à notre unité et du logiciel Chimio® pour la période du 01/01/2014 au 31/12/2018. Les coûts des préparations annulées sont calculés en euros TTC en prenant en compte le prix du flacon pour les médicaments T2A et le prix au milligramme pour les non T2A. Le taux de déprogrammation [DP=poches NA/poches préparées] global et par médicament est calculé ainsi que les coûts. L’analyse du type de médicaments (DCI) déprogrammés (anticorps monoclonal ACM ou cytotoxique; T2A ou non) et du type de séjour (HC ou HDJ) est réalisée. Le taux de réattribution [R=poches réattribuées/poches NA] global et par médicament ainsi que le montant économisé sont calculés.

Résultats:

Sur 5 ans, 2367 préparations ont été déprogrammées sur 101 678 préparées, soit un DP global de 2,3% pour un coût total de 1002 K€. Ce taux diminue significativement au cours du temps (p<0,01). Les 5 DCI les plus déprogrammées sont : 5-fluorouracile (12% des poches NA, DP=2%), gemcitabine (9%, DP=5%), paclitaxel (8%, DP=2%), carboplatine (6%, DP=3%), et cyclophosphamide (6%, DP=4%). Les poches NA sont en majorité des DCI cytotoxiques (88%) et non T2A (73%). L’HDJ est à l’origine de 74% des déprogrammations. Les DCI déprogrammées les plus coûteuses sont des ACM (61%) et des T2A (95%). Il s’agit du rituximab (5% des poches NA, DP=3%), du bevacizumab (3%, DP=2%) et du bortezomib (5%, DP=2%). Ces 3 molécules représentent 48% du coût des déprogrammations (416 K€). La réattribution (R=6%) a généré une économie de 141K€, soit 14% du coût global des poches détruites. Le coût global corrigé est donc de 861K€. Le rituximab est la DCI la plus réattribuée à hauteur de 35%. Les déprogrammations en HC représentent 16% du coût global des poches NA alors que les préparations ne sont pas systématiquement anticipées.

Discussion/Conclusion:

Ces résultats incitent à adapter davantage la préparation anticipée en fonction du type de service et de médicament et à maintenir notre effort sur la réattribution. Si le taux de déprogrammation reste satisfaisant au regard de l’objectif fixé, le coût de la déprogrammation de 5 années n’est pas neutre et doit orienter les organisations futures. La prescription des ACM en dose fixe standardisée permettra d’améliorer la réattribution.



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