Auteurs

Vandercruyce Francois* (PHARMACIE, HÔPITAL PRIVE DU CONFLUENT, NANTES, FRANCE) | Galvez Damien (PHARMACIE, HÔPITAL PRIVE DU CONFLUENT, NANTES, FRANCE) | Renard Pierre-yves (PHARMACIE, HÔPITAL PRIVE DU CONFLUENT, NANTES, FRANCE)

Présenté par: Vandercruyce Francois




Introduction

L’hypomagnésémie, à l’origine de troubles neuro-musculaires et cardiaques, notamment d’arythmie, est un effet indésirable fréquemment rencontré lors de thérapies anti-EGFR (5 à 50% de grade 3/4 selon la durée du traitement par cetuximab/panitumumab). L’objectif est, depuis la littérature, de recenser les multiples prise en charge des hypomagnésémies induites et d’en faire une synthèse. Ces options thérapeutiques seront présentées aux équipes médicales.

Matériel et Méthodes

La revue de littérature s’est basée sur une recherche bibliographique à partir de Pubmed/NCBI et Cochrane. Quinze articles ont été jugés pertinents, dont onze ont été publiés entre 2012-2018. Les mots-clés utilisés étaient : Hypomagnesemia management, guidelines, EGFR-induced, supplementation, clinical consequences, hypomagnesemia treatments

Résultats

Il est largement décrit qu’une supplémentation n’est à envisager qu’en cas de symptomatologie clinique ou de déficit profond (<0.5mM). Seule la supplémentation par voie IV s’avère efficace. La voie orale a été systématiquement écartée aux doses nécessaires à une supplémentation efficace pour cause de mauvaise tolérance. Les attitudes face à l’hypomagnésémie les plus décrites sont l’abstention thérapeutique avec surveillance pour les grades 1/2 (ou plus mais asymptomatiques). Vient ensuite la supplémentation bihebdomadaire en IV (4 à 10g de magnésium à un débit de 2g/h) pour les grades 3/4 symptomatiques. Enfin, la pause thérapeutique de 4 semaines a été décrite comme efficace quel que soit le grade.

Discussion

Au-delà d’études cas-témoin et de retours d’expériences, cette revue de littérature n’a pas mis en évidence de consensus scientifique concernant la prise en charge des hypomagnésémies induites par anti-EGFR. Les trois critères majeurs décisionnels les plus fréquemment retenus sont le taux sérique en magnésium en deçà duquel on envisage la supplémentation (0.5 mM/L), la présence d’une symptomatologie (troubles neuro-musculaires/arythmie) et/ou de facteurs de risques (hypokaliémie associée, arythmies) et enfin, la possibilité de réaliser en pratique une perfusion bihebdomadaire de longue durée (2 à 4h).

La perfusion régulière IV de hautes doses de magnésium reste la méthode la plus décrite pour normaliser un taux sérique à partir d’une hypomagnésémie de grade 3 symptomatique. Cependant cette méthode impose de lourdes contraintes horaires parfois incompatibles avec le fonctionnement d’un hôpital de jour. En lien avec leur longue demi-vie d’élimination, les pauses thérapeutiques ont été décrites comme efficaces au bout de 4 semaines. La stratégie thérapeutique « stop and go » pourrait être un moyen de prévenir les hypomagnésémies mais peu de données sont disponibles. La corrélation entre réponse au traitement et hypomagnésémie est une notion à prendre en compte dans la conduite à tenir.

En conclusion, la prise en compte d’une hypomagnésémie doit être systématique et sa prise en charge adaptée au contexte clinique de chaque patient. Sur la base de ce travail, un arbre décisionnel va être proposé aux praticiens comme aide à la décision.



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